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L’exercice négligé par les ex-obèses

Plus de 75% des gens opérés ne font aucun effort pour ne pas reprendre les kilos perdus

Diane Felteau a perdu 80 lb (36 kg) en six mois grâce à une chirurgie bariatrique et à l’encadrement de Ryan Reid, chercheur en kinésiologie.
Photo Journal de Montréal, Anne-Caroline Desplanques Diane Felteau a perdu 80 lb (36 kg) en six mois grâce à une chirurgie bariatrique et à l’encadrement de Ryan Reid, chercheur en kinésiologie.

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Plus des trois quarts des personnes qui subissent une chirurgie bariatrique pour maigrir ne font pas les efforts suffisants pour ne pas regagner les kilos perdus après l’opération, d’après une étude montréalaise.

«Ces résultats sont préoccupants, car ils indiquent que ces patients risquent de reprendre du poids, au point de redevenir à risque de diabète ou de maladies cardiovasculaires, ce pour quoi ils ont justement été opérés», explique Ryan Reid, doctorant à l’Université McGill.

Le phénomène est d’autant plus inquiétant que, pour lutter contre l’obésité morbide, l’État investit de plus en plus dans les chirurgies bariatriques.

Leur nombre a bondi de 90 % en 10 ans, souligne le chercheur en kinésiologie.

M. Reid a étudié une centaine d’ex-obèses qui sont passés sous le bistouri à l’Hôpital Royal Victoria, à Montréal.

Parmi eux, 88,5 % des femmes et 84,2 % des hommes faisaient moins que les 10 000 pas

par jour recommandés pour être considéré comme «actif».

Diane Felteau aurait pu être de ceux-là, mais grâce au soutien de M. Reid, elle a intégré l’activité physique à son quotidien.

«J’allais mourir»

«C’était ma dernière chance. J’étais sûre que, sans chirurgie, j’allais mourir.»–Diane Felteau

Après avoir essayé tous les régimes, Mme Felteau a été opérée en novembre 2014. «Il a fallu que j’admette que je n’étais pas capable moi-même, explique la dame de 50 ans. C’était ma dernière chance. J’étais sûre que, sans la chirurgie, j’allais mourir.»

Depuis l’opération, Mme Felteau a perdu 80 lb (36 kg), passant de 276 à 196 lb. «Je m’étais perdue, je n’étais plus moi-même. Aujourd’hui, je me retrouve», sourit-elle en montrant ses jambes musclées à quelques mètres du terrain de football des Alouettes, où l’équipe de M. Reid a un laboratoire.

Il y a six mois, Mme Felteau aurait été incapable de traverser le terrain. Aujourd’hui, elle peut en faire le tour au pas de course.

Le seul travail du bistouri aurait toutefois été insuffisant pour en arriver là, puisque l’ancienne nageuse de compétition a dû reconstruire et rééduquer ses muscles, en plus d’affronter le regard des autres.

«Ça prend beaucoup de courage»

«Ça prend beaucoup de courage pour aller au gym devant une bande de gars de 20 ans quand on vient de subir une chirurgie et qu’on est encore tout déformé», explique M. Reid.

Pour remédier au problème, il recommande de doter les patients de podomètres, mais aussi de les inciter à faire de leur environnement direct leur lieu d’exercice. Éviter l’ascenseur, se stationner plus loin, marcher pour aller à la pharmacie sont autant de petits gestes qui permettent de bouger sans effort.

Mais pour en faire des habitudes de vie, le soutien d’une équipe comprenant un psychologue et une nutritionniste, mais aussi un kinésiologue, est essentiel, estime M. Reid. «Je n’y arriverais pas seule, j’ai besoin d’aide», renchérit Mme Felteau.


Obésité et chirurgie bariatrique au Canada

  • 24,1% des Canadiens de 18 à 79 ans sont obèses
  • 1 sur 10: nombre de décès prématurés directement liés à l’obésité chez les Canadiens de 20 à 64 ans
  • 6000 chirurgies bariatriques pratiquées en 2012-2013
  • 48 millions $: coût hospitalier total des 6000 chirurgies pratiquées en 2012-2013 (sans la rémunération des médecins)

 

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