/opinion/columnists
Navigation

Quand Hydro vend à Hydro...

Hydro-Québec
Photo d'archives

Coup d'oeil sur cet article

Hydro-Québec n’a jamais été aussi rentable. La société d’État et son actionnaire principal (le gouvernement du Québec) n’ont toutefois jamais autant bafoué les droits des consommateurs pour remplir leurs coffres.

Hydro-Québec n’a jamais été aussi rentable. La société d’État et son actionnaire principal (le gouvernement du Québec) n’ont toutefois jamais autant bafoué les droits des consommateurs pour remplir leurs coffres.

Pensez-y! Hydro-Québec, qui brasse plus de 13 milliards de dollars au Québec, n’est même pas soumise à la Loi québécoise sur la protection du consommateur. Son actionnaire principal, le gouvernement, l’a exclue de cette loi. Autrement dit, Hydro-Québec peut faire ce qu’elle veut avec ses clients et en abuser comme bon lui semble. Aucun recours collectif ne peut être déposé contre elle. Hydro-Québec le sait très bien, d’ailleurs.

Pratiques commerciales abusives

Et n’allez surtout pas demander à la Régie de l’énergie de rappeler Hydro-Québec à l’ordre. Ce tribunal réglementaire n’est vraiment pas équipé pour faire face à la machine. Le gouvernement du Québec, qui a créé la Régie de l’énergie, ne lui a malheureusement pas donné les pleins pouvoirs d’un vrai tribunal réglementaire.

Résultat: les cas déroutants de pratiques commerciales abusives sont de plus en plus nombreux et inquiétants chez Hydro-Québec. Il faut dire que, devant la Régie de l’énergie, Hydro-Québec a cette fâcheuse tendance depuis plusieurs années à surestimer ses dépenses et à sous-estimer ses revenus.

Trop-perçus

Prenons, par exemple, le cas des fameux trop-perçus de 1,4 milliard de dollars qu’Hydro-Québec a surfacturé à ses clients depuis 2008. Les relationnistes de la société d’État parlent plutôt d’«écarts de rendement» et de «gains d’efficience» pour défendre leur cause. Du jargon de relations publiques.

Partout ailleurs sur la planète, une entreprise qui facture trop d’argent à ses clients peut être trouvée fautive. Pas au Québec. Et surtout pas chez Hydro-Québec. Les trop-perçus ont ainsi été détournés. Et c’est plutôt le gouvernement du Québec qui va les conserver. Le gouvernement libéral de Philippe Couillard a décidé de les garder par l’entremise d’une loi à ce propos (loi 28).

L’appétit vorace d’Hydro-Québec ne s’arrête pas là. Notre belle société d’État a tellement faim qu’elle se revend maintenant (à elle-même) de l’électricité à 15 fois son coût de production.

De nous à nous...

C’est très tordu comme scénario. Mais cela existe. Hydro-Québec Production a revendu de l’électricité lors de l’hiver 2014 à Hydro-Québec Distribution à 15 fois son prix coûtant de production, soit 28,4 cents le kilowattheure. Et devinez qui paie la note?

Cet hiver-là, Hydro-Québec a acheté pour 380 millions de dollars d’électricité à divers producteurs. Or, elle a pourtant trouvé de l’électricité moins chère ailleurs, en moyenne à 15,7 cents le kilowattheure. Hydro-Québec a préféré en acheter à elle-même à 28,4 cents le kilowattheure.Ces achats d’électricité durant l’hiver 2014 feront également en sorte d’augmenter éventuellement les tarifs des Québécois puisque c’est une dépense reconnue par la Régie de l’énergie.

Tout cela alors qu’Hydro-Québec verse plus de 150 millions de dollars par année à TransCanada Énergie pour qu’elle garde fermée sa centrale au gaz naturel de Bécancour de 507 mégawatts (MW).

Hydro-Québec qui revend de l’électricité à Hydro-Québec pour faire le maximum de profits sur le dos de ses clients québécois. Vous ne trouvez pas que ça sent mauvais? Plusieurs associations de consommateurs ne la trouvent d’ailleurs pas très drôle.On en est rendu là au Québec. Hydro-Québec ridiculise ses 3,8 millions de clients québécois avec le consentement du gouvernement. Très gênant et surtout très troublant.

 

En bref

Vers un taux directeur à 0 % ?

La Banque du Canada pourrait annoncer prochainement une baisse de son taux directeur, croit l’économiste David Wolf, de la firme Fidelity Investments. Selon ce dernier, la hausse du dollar canadien sur les marchés de change récemment, ainsi que l’appréciation du baril de pétrole menacent la reprise économique du pays, notamment du côté des exportateurs. Par conséquent, l’économiste est d’avis que le taux directeur de la Banque du Canada pourrait passer de 0,75 % à 0 %. La prochaine décision de la Banque du Canada sera prise le 27 mai.

Des amendes salées pour des banques

 

Hydro-Québec
Photo Reuters

Tout est possible dans le monde bancaire. Cette semaine, six grandes banques ont convenu de verser plus de six milliards de dollars US en amendes pour avoir manipulé les cours de devises étrangères. Ces opérations frauduleuses se sont déroulées entre 2007 et 2013. Citicorp (photo ci-haut), JP Morgan, Barclays, Royal Bank of Scotland, Bank of America et UBS Group ont avoué avoir comploté et discuté entre elles dans le but d’influencer les taux de référence interbancaires (Libor) tout en concluant des transactions à leur avantage. Les amendes dans cette affaire totalisent maintenant 10 milliards de dollars US.

Junex lève 22 M$

La société de prospection Junex de Québec annonce avoir conclu une nouvelle de ronde de financement de 22 millions de dollars. Junex a l’intention d’utiliser cet argent pour accélérer ses activités d’exploration pétrolière en Gaspésie. À son puits Galt 4, situé près de Gaspé, Junex a réussi à pomper cet hiver 161 barils de pétrole par jour, un débit considéré comme suffisant pour une exploitation commerciale. Junex prévoit creuser de nouveaux puits et envisage une production en 2016. Hier, le titre de Junex (JNX) a terminé la journée à 92 cents à la Bourse croissance de Toronto.

 

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.