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François Bugingo suspendu

François Bugingo
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin François Bugingo a remer­cié son public pour les mots de soutien qu’il aurait reçu. Mais sur Twitter, les réac­tions ont été très critiques.

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Le journaliste spécialisé dans l’actualité internationale François Bugingo a été suspendu jusqu’à nouvel ordre par quatre médias après une enquête de La Presse alléguant qu’il aurait inventé plusieurs reportages.

Le poste 98,5 FM «suspend jusqu’à nouvel ordre les collaborations avec le chroniqueur, le temps de faire la lumière sur les événements», a déclaré le principal employeur de François Bugingo dans un communiqué publié dès hier matin, sans plus de commentaire.

C’est que le journaliste y tient une chronique régulière dans l’émission de Benoît Dutrizac. L’animateur dira le fond de sa pensée lundi midi, a-t-il précisé sur Twitter.

La réaction a été identique au Journal de Montréal et au Journal de Québec, où François Bugingo est blogueur et chroniqueur.

Le rédacteur en chef du Journal de Montréal, Dany Doucet, s’étonne des allégations de l’enquête.

«Il faut dire qu’il faisait de l’analyse et non du reportage proprement dit. Chose certaine, étant donné l’importance des allégations, nous devons être prudents et suspendre sa collaboration à la pige dans nos pages et sur notre site internet jusqu’à ce que la lumière soit faite sur toutes ses collaborations dans tous les médias où il a travaillé.»

Il n’y était pas

Même décision pour le Groupe TVA, où François Bugingo collaborait au TVA Nouvelles de 22 h sur l’actualité internationale. «La direction tient à préciser que M. Bugingo n’est pas un employé du Groupe Média, mais un collaborateur», a précisé Véronique Mercier, vice-présidente en communications du groupe.

Du côté de la Société Radio-Canada, où François Bugingo a travaillé de nombreuses années, le directeur des relations publiques Marc Pichette a refusé de commenter.

Dans son enquête, La Presse affirme que le journaliste aurait décrit des scènes de guerre ou d’exécution dans plusieurs pays ces 20 dernières années en laissant croire qu’il y était, alors que ce n’était pas le cas.

Il n’aurait pas non plus participé à des négociations pour libérer des journalistes pris en otage par Al-Qaïda quand il était vice-président de la section internationale de Reporters sans Frontières (RSF).

La Presse s’appuie sur de nombreuses sources avec qui François Bugingo prétend avoir travaillé, comme des journalistes ou d’anciens dirigeants de RSF.

François Bugingo aurait lui-même nié avoir assis­té à certains événements.

Le quotidien montréalais admet s’être lui-même fait berner en l’interviewant au fil des ans.

Il se défend

François Bugingo n’a pas répondu aux demandes d’entrevue du Journal. Il a plutôt réagi en publiant un bref message sur sa page Facebook hier, en début d’après-midi.

«J’ai vu et lu cet article dégradant. (...) Je suis sidéré par cette attaque et je suis désolé que mes employeurs actuels y soient mêlés malgré eux», s’est-il indigné.

«Vous savez bien que l’information que je vous partage est toujours vérifiée, solide et respectueuse de votre attention», a-t-il écrit à son public, qu’il a remercié pour sa confiance et ses mots de soutien.​

François Bugingo a ajouté qu’il défendra son intégrité le moment venu, devant les instances concernées.

 

La bio de Bugingo

  • 41 ans
  • Né à Kisangani (République démocratique du Congo)
  • Journaliste pigiste,auteur et producteur
  • Arrivé au Québec en 1997
  • A travaillé, entre autres,pour 98,5 FM, TVA, Le Journal de Montréal, Radio-Canada, Télé-Québec,Canal Évasion
  • Prétend avoir couvert 152 pays
  • Ex-vice-président de la section Monde de Reporters sans Frontières, section internationale (a démissionné en septembre 2010)
  • Fondateur et président de ladivision canadienne de Reporters sans Frontières (désormais disparue)

 

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