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Radicalisation: un gouvernement figé

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Philippe Couillard faisait presque pitié cette semaine en redisant pour une ixième fois que son plan de lutte à la radicalisation s’en venait pour bientôt... alors qu’il commentait l’arrestation de 10 jeunes qui partaient combattre avec les djihadistes. Heureusement que d’autres sont en action pendant que le gouvernement québécois réfléchit.

Philippe Couillard faisait presque pitié cette semaine en redisant pour une ixième fois que son plan de lutte à la radicalisation s’en venait pour bientôt... alors qu’il commentait l’arrestation de 10 jeunes qui partaient combattre avec les djihadistes. Heureusement que d’autres sont en action pendant que le gouvernement québécois réfléchit.

On ne peut juger de la pertinence et de la valeur d’une action gouvernementale sans prendre en considération le temps comme facteur. Il arrive un moment où le train est passé. Dans ce cas-ci, le maire de la Ville de Montréal a déjà son plan d’action, le gouvernement fédéral est lui aussi commis dans la lutte aux actions terroristes et à la radicalisation. Monsieur Harper est venu à Montréal annoncer des budgets supplémentaires.

La GRC agit concrètement, en collaboration avec les autres corps policiers et mène des opérations qui préviennent des drames. Même certains organismes communautaires ont à leur échelle un plan de lutte contre la radicalisation. En résumé, tout le monde semble en action pendant que le gouvernement du Québec piétine.

Inexplicable !

Pourtant, l’affaire ne peut pas être prise à la légère. Des jeunes de chez nous, nés au Québec, formés dans notre système d’éducation, sont prêts à renoncer à tout pour aller combattre aux côtés d’un groupe armé qui nous a fait voir les pires actes de barbarie. Ils tournent le dos à la liberté pour rejoindre cette organisation qui justifie la violence et valorise l’obscurantisme au nom du fondamentalisme.

Ces jeunes sont dans un glissement si dangereux que ce sont leurs propres parents qui décident de les dénoncer, de peur de les voir quitter le pays pour rejoindre les djihadistes. Du travail policier aux institutions d’enseignement, le gouvernement du Québec a certainement un rôle important à jouer.

Y a-t-il des prédicateurs extrémistes qui chauffent les cerveaux? Faut-il surveiller davantage les réseaux sociaux? Existe-t-il des cellules secrètes de recrutement dans certaines institutions d’enseignement? Les Québécois se posent ces questions et ont pour réponse un gouvernement hésitant.

Déclaration maladroite

La ministre de la Sécurité publique, celle qui doit présenter bientôt la politique de lutte à la radicalisation au nom du gouvernement, s’est tristement mis les pieds dans les plats cette semaine. Lise Thériault s’est emmêlée dans une explication voulant que les jeunes qui rejoignent le groupe armé État islamique «veulent aller aider, le font sur une base communautaire, et pensent qu’ils vont sauver des vies».

Elle a eu beau multiplier les explications et les nuances ensuite, elle n’engrange pas de crédibilité pour la suite des choses. Ce n’est pas rare qu’un élu se fourvoie ainsi après s’être placé sur la défensive. On pédale, on pédale, pour justifier l’inaction et oups! on échappe les pédales!

Philippe Couillard et Lise Thériault ont très mal paru dans leur réaction à l’arrestation des 10 jeunes. Mais leur cas aurait pu être bien pire. La GRC les a sauvés d’une certaine façon en réussissant à attraper les jeunes à l’aéroport.

Imaginez un instant qu’on ait découvert le lendemain que 10 de ces jeunes venaient de partir.

Les réponses du gouvernement auraient sonné encore plus creux.

 

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