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Bugingo et le corporatisme médiatique

Bugingo

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Quand un médecin défend un médecin, un comédien défend un comédien, un politicien défend un politicien, un sportif défend un sportif, les journalistes sont les premiers à dénoncer ce corporatisme malsain.

Alors quand un journaliste fait l’objet d’accusations graves, les journalistes n’ont pas à prendre sa défense juste parce qu’il est journaliste.

En fin de semaine, Patrick Lagacé et Akli Ait Abdallah ont tous deux appelé à une trêve pour François Bugingo. « Il faut mettre fin à sa lapidation, ce gars-là est K.O. , il est à terre, laissons-le se défendre », disaient-ils en substance. Et ce seulement quelques heures après la sortie de l’article dévastateur de La Presse.

Au nom de quoi faudrait-il épargner Bugingo ? Parce que c’est un confrère ? Parce qu’il collaborait ou avait collaboré au Journal, à TVA, à Radio-Canada, à Télé-Québec, au 98,5 fm ?

Lagacé et Abdallah auraient-ils demandé une trêve dans les attaques contre Lise Thibault, pourtant elle aussi victime d’un acharnement sur les médias sociaux, à la une des journaux et dans les caricatures, et ce, pendant des mois et des années ?

Comme journaliste, on critique les cliques, les amis qui se protègent entre eux, les « touche pas à mon pote », les deux poids deux mesures.

Alors quand c’est un des nôtres qui est au centre de la tempête, il ne faut pas céder à ce corporatisme qu’on décrie chez les autres.

Oui Bugingo était un collègue. Mais il n’a pas le droit à un traitement de faveur de la part des journalistes juste parce qu’il est membre de la confrérie.

Il doit être traité ni plus ni moins durement que les autres acteurs de la société civile qui sont accusés d’avoir fraudé, menti, trompé, exagéré, fabulé.