/investigations/techno
Navigation

Le projet SAGIR passe au tordeur

Martin Coiteux, président du Conseil du trésor (à l’avant-plan), a donné des
directives au Centre des services partagés.
Photomontage Martin Coiteux, président du Conseil du trésor (à l’avant-plan), a donné des directives au Centre des services partagés.

Coup d'oeil sur cet article

Le gouvernement n’a soudainement plus besoin du tiers des consultants privés dans le catastrophique projet informatique SAGIR, dont les couts ont décuplé et atteindront plus d’un milliard de dollars.

Le gouvernement n’a soudainement plus besoin du tiers des consultants privés dans le catastrophique projet informatique SAGIR, dont les couts ont décuplé et atteindront plus d’un milliard de dollars.

Depuis avril, le Centre des services partagés du Québec (CSPQ), responsable du projet SAGIR, «s’est départi de 36 (...) consultants affectés à ce projet», nous a confirmé le CSPQ.

Plus tôt durant la dernière année, 44 autres consultants avaient été remerciés ou non renouvelés, spécifiquement pour SAGIR.

C’est donc 80 consultants sur 240 qui ne sont plus requis afin de compléter ce projet qui devait se terminer, dans sa forme initiale, au coût de 83 millions $ en 2007. Trois des sept phases de SAGIR sont complétées aujourd’hui et rien n’assure que les phases subséquentes seront réalisées comme prévu.

Le CSPQ justifie la réduction de consultants par «la rationalisation des ressources externes au CSPQ» et la fin de la deuxième phase de SAGIR.

Avant ces mesures, soulignons que la moitié de la main d’oeuvre affectée à SAGIR était des consultants privés, a-t-on révélé en décembre dernier.

Coiteux veut tout savoir

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, y est pour beaucoup. Il s’est toujours montré préoccupé par ce projet qui concerne 70 000 postes informatiques dans la fonction publique. «Toute sorte de questions se posent», nous avait-il raconté au début de l’année, concernant la dérape.

Il a d’ailleurs demandé une vérification d’une firme indépendante sur le projet. Douze contrats totalisant 127 millions $ ont été évalués. Le rapport devait être remis au début mai. Mais Martin Coiteux et le PDG du CSPQ, Denys Jean, ont demandé de pousser plus loin l’examen de certains aspects, dont la vérification des heures octroyées aux ressources externes, nous a confirmé M. Jean.

À l’interne, dans le développement de SAGIR, les opinions sont partagées. Si certains jugeaient qu’une réduction de consultants s’imposait, d’autres sont en désaccord avec le plan de M. Coiteux.

«Ça n’a aucun bon sens. Avec ces restrictions, il faut gérer seulement les dossiers urgents. Le service va en souffrir. Certains consultants étaient là depuis 2006», nous raconte un informaticien dans le projet.

En 2014, notre Bureau d’enquête avait d’ailleurs publié qu’un consultant dans SAGIR coûtait 2355 $ par jour. Il avait été remercié par le gouvernement péquiste dans les jours qui ont suivi.

Brèves

Vous désirez réagir à ce texte dans nos pages Opinions?

Écrivez-nous une courte lettre de 100 à 250 mots maximum à l'adresse suivante:

Vous pouvez aussi nous écrire en toute confidentialité si vous avez de l'information supplémentaire. Merci.