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Obama, Twitter et le chemin qu’il reste à parcourir...

Obama, Twitter et le chemin qu’il reste à parcourir...
AFP

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Vous souvenez-vous de l’émotion grave, le soir du 4 novembre 2008, trois minutes passé 23 heures?... Les réseaux de télévision nous annonçaient officiellement l’élection du premier président noir de l’histoire des États-Unis. C’était 143 ans après l’abolition de l’esclavage, 63 ans après le mouvement des droits civiques, on croyait que sous nos yeux les Américains tournaient définitivement la page à leur passé raciste....


Bien sûr que le racisme crache encore son fiel chez nos voisins du Sud! Le président Obama lui-même a d’ailleurs eu droit à tout un reality check, la semaine dernière, alors qu’il a fait officiellement son entrée sur Twitter. Son propre compte personnel, @POTUS (pour President of the United States) lui permet maintenant de tweeter directement avec ses abonnés (les comptes @BarackObama et @MaisonBlanche ne sont pas gérés personnellement par le président Obama).


Il n’a fallu que quelques minutes après la mise en ligne de son tout premier message («Allô, Twitter! C’est Barack Obama. Vraiment!») pour que le président s’attire les pires insultes xénophobes. Des utilisateurs l’ont même exhorté de mettre fin à ses jours...


«Rentre dans ta cage, singe», lui a écrit un utilisateur. Une image truquée de la célèbre affiche de campagne d’Obama a aussi rebondi sur Twitter, nous montrant sa tête dans un nœud coulant. Au lieu du mot «hope» (espoir) coiffant l’affiche en lettre majuscule, le mot «rope» (corde). «Nous pendons toujours pour trahison, n’est-ce pas?» a demandé l’illuminé (qui une fois rejoint par le New York Times, a demandé à être payé pour commenter).


Des insultes, des images, des propos haineux, qu’évidemment, le président Obama pouvait voir et lire directement et qui étaient étalés à la vue de tous ses abonnés (2,44 millions au moment d’écrire ce billet). C’est la nature de Twitter...


Vous allez me dire que tout cela est anecdotique. Vous avez raison. Les messages d’hostilité raciale envers le président Obama ne représentent qu’un faible pourcentage de toutes les communications qu’il reçoit sur Twitter.


Vous allez me dire aussi que les réseaux sociaux sont et demeureront toujours des «égouts sociaux» pour bien des utilisateurs (souvent anonymes). Vous avez raison encore.


N’empêche... cette première incursion personnelle de Barack Obama sur Twitter constitue une autre belle preuve (au même titre que la brutalité policière, les inégalités salariales, le chômage...) que la discrimination auprès de la communauté africaine américaine est toujours un fléau rampant.


Une autre belle preuve que sept ans après l’élection du président Obama (et deux ans après sa réélection), 150 ans après l’abolition de l’esclavage, 70 ans après le mouvement des droits civiques, il reste encore du chemin à parcourir en matière de lutte au racisme chez nos voisins du Sud...