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Go Fetch : pagayer et partager

Campeau
Photo Gracieuseté de Go Fetch Luc Labelle, Julien Granger et Nuka de Jocas-McCrae souhaitent inspirer les jeunes par cette aventure.

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Ils sont partis il y a un peu plus de dix jours de Montréal. Dans environ quinze mois, ils prévoient amarrer à la péninsule du Yucatan. Entre les deux, 9000 km, en kayak pour les 3 amis.

Ils sont partis il y a un peu plus de dix jours de Montréal. Dans environ quinze mois, ils prévoient amarrer à la péninsule du Yucatan. Entre les deux, 9000 km, en kayak pour les 3 amis.

Julien Granger répond à son cellulaire. Il pourrait être chez lui, dans un café ou chez un ami: son ton ne trahit rien. Julien s’affairait plutôt à remonter les eaux de la rivière Richelieu avec Nuka de Jocas-McCrae et Luc Labelle, ses deux amis et complices de l’aventure du Go Fetch. Ils s’improvisent une pause pour me parler.

« Le Fetch, c’est le terme météorologique qui définit l’espace où le vent se déploie sans rencontrer d’obstacle », résume Nuka. On connaît mieux l’appellation anglaise et sa traduction: aller chercher. Ce que les trois gars originaires de L’Île-Perrot cherchent à rejoindre, c’est la péninsule du Yucatan au Mexique. Obstacles, il y aura, forcément.

Vivre et faire vivre

« Ce n’est pas une course », me dit Julien, quand je m’inquiète du retard occasionné par notre conversation. Les trois amis ne visent pas de performance ni ne tentent d’établir des records.

Go Fetch, c’est une idée lancée à la blague, un rêve commun, plus de deux ans de préparation, et les voilà au bout de la ligne, pagaie à la main.

« On ne fait pas une course », répète-t-il. « On veut profiter de notre aventure, et surtout la partager. »

Ils me partagent leur histoire : des amis qui se rencontrent à l’école treize ans plus tôt, chacun qui suit son chemin, les trois qui se retrouvent à vivre un rêve. Une histoire somme toute banale, racontée tout simplement par le trio, trois gaillards des plus accessibles. On en vient presque à oublier où ils en sont aujourd’hui, et les quelques milliers de kilomètres de kayak qui les attendent dans les prochains mois.

« Rien ne nous disposait à ça. C’est possible pour tous de relever n’importe quel défi », encourage Luc Labelle.

Des défis au cours du défi

Comme moyen de collecte de fonds, les trois kayakistes ont eu une idée plutôt inusitée : inciter les gens à leur lancer un défi, en échange d’un don.

« On s’engage à réaliser les défis, à notre façon! On a reçu toutes sortes de choses, des trucs originaux comme se déguiser en sirène ou faire du kayak à l’envers. Et on a déjà eu notre lot de défis de tout-nus... » dit Julien, mi-amusé, qui souhaite conscientiser les jeunes à l’importance de l’activité physique et à la préservation de l’environnement... et au fait que le ridicule ne tue pas.

Mylène Paquette comme mentor

Rien de ridicule dans leur planification. Deux ans et demi, c’est le temps que cela a demandé aux trois amis pour préparer Go Fetch. La rameuse Mylène Paquette – celle qui a traversé l’Atlantique en solitaire à la rame deux ans plus tôt – a même pris le rôle de mentor pour les trois kayakistes néophytes. Au quotidien, ils profitent de l’expertise de Michel Meulnet – le même routeur que Mylène – pour les guider dans leur itinéraire selon les conditions météorologiques.

Les ressemblances s’arrêtent là. Loin de l’isolement total en haute mer, Go Fetch longera plutôt la côte tout au long de son aventure, alimenté par les réseaux cellulaires pour faciliter le partage de leur contenu et nourri par les bons samaritains qui leur offriront hébergement et nourriture, à quelques points stratégiques de leurs périples. C’est qu’en plus d’un contact intimiste avec la nature, les trois hommes s’ouvrent aux rencontres bien humaines.

« On souhaite vivre et partager la diversité naturelle et culturelle », résume l’équipe.

9000 km de kayak, mais un nombre incalculable de découvertes et de rencontres. À suivre.

« On doit s’y remettre. On dérive depuis qu’on s’est mis à parler », me dit Julien, avant de raccrocher. L’équipe de Go Fetch n’est pas pressée, mais elle tient à rester sur sa trajectoire.


Suivre Go Fetch

 

Jamais loin de la terre et de ses réseaux cellulaires et internet, l’équipe de Go Fetch prévoit mettre à jour religieusement son blogue et sa page Facebook. On peut aussi suivre la progression de leur aventure sur la carte de leur expédition.

Leur page Facebook : www.facebook.com/defigofetch

Go Fetch prévoit même produire des capsules éducatives pour les jeunes et leurs professeurs sur la plateforme CHALLENGE U (https://challengeu.com/).

Expédition : environ 9000 kilomètres

Durée : environ 15 mois

Nom des aventuriers : Luc Labelle, Julien Granger et Nuka de Jocas-McCrae

Nom de leurs embarcations : Amarok, La Pitoune et Sisu