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Le paradis des pollueurs

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La question des taxes sur le carbone est toujours délicate, surtout en période électorale. En 2008 Stéphane Dion, alors chef du Parti libéral, avait proposé de taxer les pollueurs à hauteur de 15,4 milliards de dollars. Le premier ministre Harper avait aussitôt présenté la mesure comme une taxe aux familles. Selon lui, il s’agirait presque d’un vol dans les poches de la classe moyenne.

La question des taxes sur le carbone est toujours délicate, surtout en période électorale. En 2008 Stéphane Dion, alors chef du Parti libéral, avait proposé de taxer les pollueurs à hauteur de 15,4 milliards de dollars. Le premier ministre Harper avait aussitôt présenté la mesure comme une taxe aux familles. Selon lui, il s’agirait presque d’un vol dans les poches de la classe moyenne.

Cette question revient aujourd’hui à l’ordre du jour, au grand déplaisir de M. Harper. En décembre prochain, son gouvernement participera à la convention des Nations Unies sur le climat. Mais cette fois, Ottawa devra changer de discours. Selon un document récemment publié par le FMI, les gouvernements d’à peu près tous les pays octroient un traitement de faveur au secteur énergétique.

Subventions cachées

Les subventions cachées au secteur de l’énergie prennent la forme d’incitatifs financiers et fiscaux à exploiter les ressources non renouvelables. Elles incluent aussi le traitement fiscal privilégié qu’on offre aux pétrolières. Par exemple, nous leur permettons de polluer l’air et de nous rendre malades sans leur demander un sou de compensation. Qu’est-ce que c’est, sinon une subvention?

Pour 2015, on évalue que le secteur de l’énergie recevra l’équivalent de 6,5 % du PIB mondial en subventions, cachées ou non. Pour le secteur pétrolier seulement, ces subventions représentent 1497 milliards de dollars annuellement!

Et le Canada ne donne pas sa place. Sans le savoir, nous nous privons de 34 milliards de revenus fiscaux chaque année en ne taxant pas correctement l’énergie. Cela inclut 20 milliards non collectés en taxes sur la pollution.

À cela s’ajoutent toutes les aides gouvernementales, fédérales et provinciales, au pétrole et à l’énergie. Parler d’une «taxe sur le carbone» est donc trompeur puisqu’il s’agit simplement de mettre fin à tous ces privilèges au secteur énergétique.

Un vol aux familles ?

Revenons à la position de Stephen Harper, qui s’oppose férocement à la taxation du carbone et de la pollution. Selon lui, cela causerait une hausse des prix à la pompe et appauvrirait la classe moyenne.

La sous-taxation de l’énergie est coûteuse pour nous tous et pour notre économie. Elle nuit à la recherche et au développement en matière d’énergies propres, un marché très prometteur.

Pour 2015, on évalue que le secteur de l’énergie recevra l’équivalent de 6,5 % du PIB mondial en subventions.

En nous privant de précieuses recettes fiscales, elle force nos gouvernements à augmenter d’autres taxes comme l’impôt sur le revenu des particuliers et sur les profits des entreprises. Puisque ce sont toutes des taxes plus dommageables pour l’économie que les taxes environnementales, notre développement économique en prend un coup.

S’endetter

Dans certains cas, ce manque à gagner incite nos gouvernements à s’endetter, notamment en temps de faible croissance économique. C’est sans compter qu’au Canada les subventions indirectes au pétrole nous rendent hautement dépendants du secteur énergétique. Maintenant que le prix du baril a baissé, nous en prenons pour notre rhume.

Ajoutons que les subventions au secteur de l’énergie favorisent les riches, aux dépens des pauvres. À bien des égards, l’énergie est un bien de luxe. Un examen minutieux des chiffres montre que les familles avec un revenu plus élevé consomment davantage d’énergie.

 

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