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Des millions à risque dans deux projets de condos de luxe

Les clients pourraient perdre jusqu’à 325 000 $ au Victoire et aux Condos Bank, sur la rue Saint-Jacques

Les copropriétaires des Condos Bank risquent de devoir payer les sous-traitants de leur promoteur, qui leur ont envoyé des hypothèques légales.
Photo Hugo Joncas Les copropriétaires des Condos Bank risquent de devoir payer les sous-traitants de leur promoteur, qui leur ont envoyé des hypothèques légales.

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Signe du ralentissement du marché immobilier, les problèmes continuent de se multiplier pour deux projets de copropriétés de luxe de Montréal, alors que des acheteurs pourraient perdre des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars.

Signe du ralentissement du marché immobilier, les problèmes continuent de se multiplier pour deux projets de copropriétés de luxe de Montréal, alors que des acheteurs pourraient perdre des dizaines, voire des centaines de milliers de dollars.

Les tours de condos ont poussé comme des champignons ces dernières années à Montréal, mais deux exemples récents démontrent que les promoteurs doivent avoir les poches profondes... à défaut de quoi les acheteurs courent de grands risques.

Devant la tour de la Bourse, Raffaele Freddi a perdu son projet Victoire aux mains d’un créancier, après avoir dépensé les dépôts de ses clients, qui totalisent 4,7 M$, selon nos informations.

Rue Saint-Jacques, le projet Bank est presque tout vendu, mais le promoteur, incapable de payer le constructeur, s’est placé sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité.

Chantier paralysé

Depuis l’automne dernier, le terrain du Victoire est désert, alors que les acheteurs devaient initialement pouvoir emménager dès décembre 2014. Les murs de fondation ne sont même pas terminés.

Les graves difficultés financières du Victoire sont notamment causées par le retrait du principal prêteur, la Banque Nationale.
Photo Hugo Joncas
Les graves difficultés financières du Victoire sont notamment causées par le retrait du principal prêteur, la Banque Nationale.

Le nouveau propriétaire, Maurice Benisti de Point Zéro Capital, compte revendre la propriété à quiconque accepte de lui payer le montant dû par Raffaele Freddi pour le projet de 25 étages, soit plus de 6 M$.

«On n’a pas vraiment de plans, dit l’avocat de Benisti, Jason Hadid. Quand des gens arrivent avec des offres, on écoute. Peut-être qu’on va garder le chantier pour nous-mêmes.»

Maurice Benisti
Créancier, nouveau propriétaire du Victoire
JMTL
Créancier, nouveau propriétaire du Victoire

Le terrain pourrait donc se retrouver entre les mains d’un investisseur n’ayant rien à voir avec le projet Victoire. Rien pour rassurer les clients.

De son côté, Raffaele Freddi assure être sur le point de s’entendre avec un promoteur de Toronto pour racheter avec lui le projet à Point Zéro Capital.

«Nous avons une entente verbale, dit-il. Dès que c’est signé, je reprends les discussions avec Maurice Benisti.»

Terminés, mais insolvable

Rue Saint-Jacques, les 14 étages des Condos Bank sont construits et occupés, mais la vente de 11 unités sur 43 a avorté après l’éclatement d’un litige entre le promoteur et son entrepreneur général, Devlor.

Résultat: le promoteur, la société en commandite Condominiums Bank, est incapable de rembourser ses sous-traitants, et elle s’est placée sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité en janvier.

Devlor lui réclame maintenant près de 4,3 M$ et l’entreprise a obtenu en mars un jugement lui donnant le droit de récupérer l’immeuble.

Le président Benoît Laurin pointe un problème de «sous-financement dès le début du projet». Il assure cependant travailler avec le promoteur et les autres créanciers pour trouver une solution.

Un signe du ralentissement

Le ralentissement prononcé du marché de la copropriété aggrave la situation pour les projets plus fragiles.

«Si les condos étaient vendus à leur prix initial, on serait capable de payer tout le monde», assure Jean Gagnon, responsable du dossier des Condos Bank chez Raymond, Chabot, Grant, Thornton.

Selon lui, les acheteurs risquent de devoir rembourser une partie des sommes dues au promoteur Devlor.

Au total, une quarantaine de copropriétaires risquent de devoir payer jusqu’à 325 000 $ à l’entrepreneur général et ses sous-traitants pour rembourser les dettes de leur promoteur.

Joint par Le Journal, le directeur du projet, Stéphane Brault, assure qu’il travaille en ce moment à trouver une solution pour éviter cette situation.

«Le dossier avance bien. Nous devrions avoir quelque chose à annoncer d’ici une ou deux semaines.»

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