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Une surprise de taille

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Photo courtoisie

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Un noyau de jeunes musiciens, capable d’élargir ses rangs à plus d’une quarantaine, augmentant d’autant les capacités et compétences, font de Snarky Puppy un des jam bands les plus distinctifs et intéressants de la décennie.

Snarky Puppy & The Metropole Orkest ★★★

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Sylva, Impulse

Sous la férule du bassiste et directeur musical Michael League, ce groupe est fondé à Denton au Texas en 2004.

Collectif s’abreuvant aux sources des musiques populaires des 20 dernières années, on y retrouve des éléments de jazz, rock, funk, musiques de film et minimalistes (Michael Nymann), sublimées d’une empreinte originale tout en étant très accessible, sans craintes ni complexes de revisiter de grandes pages d’écriture et styles propres au Zappa des années 70, George Duke, Mahavishnu période Jan Hammer/Billy Cobham (Flight).

Aucun ego, pas de solo à l’emporte-pièce, aucune démonstration, ni innovation pour une mise à niveau avec l’époustouflant Trombone Shorty & Orleans Avenue.

Le génie est plutôt investi sur l’équilibre orchestral, les couleurs instrumentales (Fender Rhodes, Odyssey, vibra/xylophone, cuivres, etc.), une vitesse de croisière du groove, l’effet cinématographique du recours aux cordes. Pour une oreille attentive, l’album comprenant deux mouvements (The Curtain et The Clearing), de plus de 15 minutes et intermèdes, offrent une véritable carte routière, avec son point de départ et d’arrivée, ses méandres, nids de poule et inévitables détours pour éviter les redondances. Le tour de force, c’est l’association avec l’Orchestre Métropole.

Contrairement aux conventions, le Métropole pousse dans le dos du collectif, s’insinue même sournoisement au travers des pauses ou silences, le maintenant en alerte constante. Mais là où la surprise s’avère de taille, c’est lorsqu’on réalise que c’est enregistré en concert, après seulement quelques heures de répétition. Trippant et passionnant.

♦ Au Métropolis, le 30 juin.


The Vaccines ★★★

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English Graffiti, Columbia

Troisième CD, plus garage qu’indie rock, pour ce band qui s’est vu qualifié de version britannique des Strokes. Tout est joué et démontré dès les trois premiers titres. Le son est une recette empruntée aux années 80; beaucoup d’écho, rythmique nerveuse et frénétique, guitares sursaturées et abrasives, synthpop des années 80. En prime une manière de chanter hargneuse, teigneuse, post-punk. Le tout arborant un détachement suspect. Puisque cela est servi en fin de compte sans aucune forme d’originalité. À preuve (All Afternoon In Love) d’une banalité affligeante, voire des refrains (Denial) dérivés de la pop des années 60. Une décision semble-t-il pleinement assumée. The Vaccines affiche simplement leurs couleurs; des tounes simples, de l’attitude, un look brit et baveux, un son de casserole (Radio Bikini), entre punk et new wave 80 (Maybe I Could Hold). Efficace, mais mince.

Steve N’ Seagulls ★★★½

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Farm Machine, Spinefarm

Une blague qui se termine bien pour cinq musiciens finlandais vivant à la campagne. Issus de la musique traditionnelle, jouant banjo, guitare, accordéon, contrebasse et percussions légères. Ils se sont amusés à incorporer dans leur répertoire des versions bluegrass de classiques du hard rock et du métal dont Thunderstruck d’AC/DC. Réaction virale sur YouTube avec plus de cinq millions de visionnements. Le phénomène déborde rapidement du côté de la presse spécialisée. Devant ce succès inattendu, ils ont enregistré 14 reprises qui vont de Led Zeppelin à Iron Maiden, de Guns N’Roses à Rammstein, de Pantera (Cemetery Gates, version musette) à AC/DC. Ce n’est pas la première fois que ce répertoire est visé par une adaptation bluegrass/folk d’Europe de l’Est, mais cette fois-ci, c’est la profondeur de l’approche qui épate.

Yes ★★★

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Progeny, Rhino

Une autre parution d’un coffret de sept albums avec les débuts d’Alan White, en remplacement de Bill Bruford pour King Crimson, un historique de la première portion nord-américaine de la tournée de Yes à l’automne 1972. Cette tournée donnera à l’origine l’album Yessongs, issu de sept concerts intégraux. Rhino offre, outre l’intégrale, une compilation d’extraits en version double ou triple. On a retrouvé ces concerts. On explique que s’ils n’avaient pas été retenus à l’époque, c’était pour leur piètre qualité sonore, due à un mauvais calibrage du système Dolby. Une difficulté qui a été surmontée, le tout remixé et remastérisé. Le répertoire est celui de Fragile et Close To The Edge. Pour plusieurs, ils y étaient à leur zénith. Cette compilation (2 CD) en est une preuve irréfutable. Mais cela s’adresse surtout aux irréductibles ou aux curieux de l’histoire du rock.


EN MAGASIN OU EN LIGNE MARDI

Florence + The Machine, How Big, How Blue, How Beautiful

The Rolling Stones, Sticky Fingers (Reissue 2015)

Melody Gardot, Currency Of Man

A$AP Rocky, At. Long. Last. A$AP

Sun Kil Moon, Universal Themes

Frank Zappa, Dance Me This

Jaga Jazzist, Starfire

Major Lazer, Peace In The Mission

Damaged Bug, Cold Hot Plumbs

Hawksley Workman, Old Cheetah

Barenaked Ladies, Silverball