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Adrien Boivin «se souvient»

Prisonnier des Allemands, l’un des rares vétérans de la guerre 39-45 revit régulièrement ses souvenirs des champs de bataille de Normandie

Adrien Boivin a reçu l’insigne de Chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur.
Photo courtoisie Adrien Boivin a reçu l’insigne de Chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur.

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Le Chicoutimien Adrien Boivin, du haut de ses 92 ans, a vécu l’enfer nazi. Invité régulièrement dans les institutions d’enseignement aux quatre coins de la région, le militaire de carrière raconte avec la précision d’une horloge son «film» de la guerre, celui qu’il a vécu en direct.

En 1938, rien n’arrête Adrien Boivin qui désire réaliser son rêve, celui de s’enrôler dans l’armée. Cependant, il n’a pas l’âge requis. Il n’a que 15 ans.

«J’avais appris qu’on ne demandait pas de papiers. J’ai donc triché en leur disant que j’avais 18 ans», avoue, sourire aux lèvres, le vétéran de la Deuxième Guerre mondiale.

Sans même que l’on sache que le monde vivra sous peu le début de la Deuxième Guerre mondiale, il entame une carrière militaire qui le mènera en Angleterre en août 1943.

Le 6 juillet 1944, alors âgé de 23 ans, il débarque, un mois après le jour «J», à Courseulles-sur-Mer, sur les côtes normandes.

«Je faisais partie du régiment de la Chaudière, le seul composé de Canadiens français qui a participé au débarquement de Normandie», explique le vétéran de la guerre 39-45.

Celui qui est débarqué sur les terres ensanglantées de Normandie avait pour tâche de déminer le terrain où les troupes continuaient d’avancer. Équipé d’un détecteur de mines et d’une paire d’écouteurs, il vivait au quotidien dans un environnement meurtrier.

Allemands brûlés vifs

Il garde un souvenir impérissable de la période où il fut détenu prisonnier par les Allemands à Knokke en Belgique.

«Nous étions bien traités. Ils savaient que la fin de la guerre était proche et qu’ils la perdraient pour devenir à leur tour nos prisonniers».

Quand on demande au militaire de carrière quel était son pire souvenir de la guerre, il raconte, après un moment de réflexion: «C’est lorsque j’ai vu deux Allemands en feu qui traversaient une rue. Ils avaient été atteints par du pétrole liquide gélatiné lancé par des lance-flammes. Ce fut une mort atroce pour ces soldats».

Adrien Boivin se souvient également du meilleur moment qu’il a vécu: «C’est lorsqu’on nous a annoncé la fin de la guerre. On a fêté ce grand moment dans les rues», conclut, la larme à l’œil, celui qui a connu et vécu l’enfer des champs de bataille.