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Mulcair tourne le dos à Trudeau

Le chef du NPD ferme définitivement la porte aux libéraux

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Après avoir essuyé plusieurs refus, Thomas Mulcair ne veut plus rien savoir de Justin Trudeau et des libéraux. Le chef du NPD rejette dorénavant toute idée de coalition, confiant de remporter les élections fédérales cet automne.

Les troupes du Nouveau Parti démocratique ont le vent dans les voiles et ont bondi dans les sondages sur la scène fédérale au cours des dernières semaines.

Selon un sondage Crop-La Presse paru le 22 mai, le NPD récolterait 42 % des voix au Québec, devant les libéraux (25 %) et les conservateurs (15 %).

La victoire du NPD sur la scène provinciale en Alberta, début mai, a également donné un coup de pouce au parti fédéral.

C’est un Thomas Mulcair déterminé qui a rencontré Le Journal la semaine dernière, confiant de provoquer un nouveau raz-de-marée orange au Québec lors du scrutin d’octobre prochain.

 


Vous avez proposé à plusieurs reprises de faire une coalition avec le Parti libéral pour contrer les conservateurs, ce qui a été refusé par le chef Justin Trudeau. Êtes-vous toujours tenté par l’idée de mettre sur pied une alliance?

«On était prêt à mettre beaucoup d’eau dans notre vin, parce que notre priorité est de nous débarrasser de Stephen Harper. M. Trudeau a dit qu’il serait peut-être prêt à travailler avec le NPD, à condition que je n’en sois plus le chef. J’ai soulevé le projet à quatre reprises. À un moment, on se lasse. C’est fini ces histoires-là. On regarde l’électorat et on leur dit que s’ils veulent du vrai changement, ça passe par le NPD. C’est dorénavant le seul propos que l’on tiendra là-dessus.»

Croyez-vous sincèrement être en mesure de répéter le succès de 2011, lorsque le NPD a réussi à faire élire 59 députés au Québec?

«En 2011, lorsque je disais haut et fort que l’on allait effectuer une percée au Québec, les gens répliquaient que ça serait impossible. Pourtant, on a réussi. Il y a encore quelques mois à peine, les gens m’auraient regardé avec de grands yeux si j’avais prédit que le NPD formerait le prochain gouvernement en Alberta. Les choses sont en train de changer. Pour la première fois de son histoire, le NPD est en bonne position pour former un gouvernement.»

Vous avez prédit que le NPD décrocherait au moins 60 sièges au Québec lors de la prochaine élection. Où comptez-vous faire des gains?

«Les libéraux sont forts dans certaines communautés. Mais à travers le Québec, le vote pour le NPD est fort. On veut maintenir nos sièges, mais aussi aller en chercher des nouveaux. On travaille fort au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour reprendre cette circonscription qui nous a échappé avec quelqu’un qui a changé de parti [le député de Jonquière-Alma, Claude Patry, a quitté le NPD pour le Bloc québécois en 2013]. On vise aussi la circonscription du ministre Denis Lebel [Roberval-Lac-Saint-Jean]. On a la conviction d’être capable d’aller la chercher.»

Qu’est-ce qui vous différencie concrètement des troupes libérales?

«Quand on compare les libéraux aux conservateurs, on se rend compte qu’il y a très peu de choses qui les séparent. Que ce soit en culture, en économie ou en environnement, nous sommes à l’opposé du PLC. Par exemple, M. Trudeau a parlé contre C-51 [projet de loi antiterroriste], mais a voté en faveur. Ça, c’est l’inverse d’avoir le courage de ses convictions. Le NPD est un parti résolument social-démocrate. Toutes prétentions des libéraux de représenter les mêmes idéaux que nous sont fausses.»

Croyez-vous avoir prouvé que les députés sans expérience du NPD élus en 2011 ont su depuis faire leurs preuves?

«On le voit sur le terrain. Ils ont eu depuis le temps de connecter avec la population, les villes, les chambres de commerce, etc. Ruth Ellen Brosseau [députée de Berthier-Maskinongé] a été l’une des députés qui ont été les plus malmenés après l’élection de 2011. Or, je peux vous prédire avec confiance que lors de l’élection du 19 octobre, elle sera l’une des premières à être réélue.»

Votre proposition de nommer un ministre fédéral des Affaires urbaines a été très mal accueillie par l’Assemblée nationale. Comptez-vous tout de même aller de l’avant avec ce projet?

«C’est correct qu’on ait fait de la politique avec ça, ça fait partie du jeu. Je continue de croire que le Québec et toutes les provinces ont besoin d’un partenaire fiable au niveau fédéral. On ne veut pas travailler à la place des provinces, mais avec elles. Je peux comprendre pourquoi les gens ont réagi comme ça. Mais au-delà de leur première réaction, je crois qu’ils vont finir par comprendre que c’est dans leur intérêt.»

 

 

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