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Le pétrole en arrache, le Québec en profitera

La province pourrait devenir une des locomotives de l’économie canadienne, selon un expert

L’économiste Jeff Rubin croit qu’Hydro-Québec va profiter du fait que les investisseurs vont délaisser progressivement le pétrole canadien. Sur la photo, les sables bitumineux de Fort McMurray, en Alberta.
Photo d'archives L’économiste Jeff Rubin croit qu’Hydro-Québec va profiter du fait que les investisseurs vont délaisser progressivement le pétrole canadien. Sur la photo, les sables bitumineux de Fort McMurray, en Alberta.

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L’Ouest du pays et l’économie canadienne vont souffrir de la baisse du prix du pétrole dans les prochaines années, mais le Québec va tirer profit de cette déconvenue. Dans ce contexte, des producteurs d’énergies vertes comme Hydro-Québec vont aussi tirer leur épingle du jeu.

C’est ce que croit le controversé économiste Jeff Rubin, qui vient tout juste de publier The Carbon Bubble, what happens to us when it bursts, un livre qui plaide «pour le désinvestissement des combustibles fossiles», une tendance mondiale, selon lui.

Jeff Rubin, économiste
Photo courtoisie
Jeff Rubin, économiste

«Le gouvernement Harper a mis tous ses œufs dans le même panier. On a tout misé sur le développement des sables bitumineux. Or, la demande est moins importante pour le pétrole avec, conséquence, la baisse du prix du baril. Et ça ne va pas remonter», a-t-il estimé lors d’une entrevue à la chaîne Argent.

Selon lui, le pétrole canadien est beaucoup plus à risque, car les coûts d’exploitation des sables bitumineux sont plus importants que ceux du pétrole conventionnel.

L’Alberta va souffrir

«L’Arabie saoudite va s’en tirer sans problème. Ces gros joueurs vont demeurer, mais on peut entrevoir des jours difficiles pour l’Alberta et le Canada. On a cru à tort être une super-nation énergétique, mais on voit très bien les contrecoups», a-t-il affirmé.

À ses dires, le Canada devra trouver un autre modèle économique qui s’appuie notamment sur le développement des énergies vertes. «La tendance lourde, c’est l’inverse! Il faut sortir du pétrole. Actuellement, ces investissements tuent la croissance économique. Il faut plutôt mettre de l’argent dans les technologies qui vont combattre les effets des changements climatiques», a-t-il insisté.

Des valeurs en hausse

Dans ce contexte, le Québec (mais aussi l’Ontario) pourra tirer son épingle du jeu et même devenir une des locomotives de l’économie canadienne. Une affirmation qui aurait fait sursauter n’importe quel économiste, il y a quelques années.

«On l’a vu, le Québec et l’Ontario ont subi les contrecoups de l’exploitation effrénée du pétrole albertain. Les deux provinces ont perdu énormément d’emplois dans le secteur manufacturier en raison du dollar canadien qui s’appréciait. Là, avec le huard qui redescend, le Québec va récupérer des emplois manufacturiers. L’économie va repartir», prédit M. Rubin.

Une autre bonne nouvelle, Hydro-Québec va profiter de ce contexte particulier où les investisseurs vont délaisser progressivement le pétrole canadien.

«Le premier bénéficiaire sera Hydro-Québec qui est le plus grand producteur d’hydroélectricité au Canada, un des plus importants au monde. Les États-Unis veulent de l’énergie verte et disponible en grande quantité. Je vois de très belles perspectives pour Hydro qui verra son pouvoir augmenter», croit M. Rubin.