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Ils blâment Denis Coderre dans la lutte contre l'exploitation sexuelle

Certains organismes trouvent que les institutions n'en font pas assez dans la lutte contre l’exploitation sexuelle

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Plusieurs organismes ont dénoncé ce matin l’inaction «hypocrite» de Denis Coderre et Tourisme Montréal concernant la lutte contre l’exploitation sexuelle, en cette semaine de Grand Prix réputée pour faire exploser la prostitution.

Peu de temps après son élection, le maire de Montréal avait affirmé vouloir combattre l’exploitation sexuelle.

«Nous n’avons pas vu l’ombre d’une action en ce sens», a déploré ce matin Diane Matte, organisatrice communautaire pour la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES).

En pleine semaine du Grand Prix, «l’industrie du sexe s’apprête encore une fois à se faire des milliers, des millions de dollars sur le dos des femmes», a souligné Mme Matte.

Elle a réclamé à la Ville des «actions concrètes», par exemple «qu’il n’y ait plus aucun permis remis à des salons de massage érotiques» ou encore davantage de moyens accordés à la police.

Chantal Poirier / JdeM

 

Criminel

Mme Matte a demandé aussi à ce que Tourisme Montréal «soit beaucoup plus actif pour dire qu’acheter des services sexuels est criminel à Montréal, pendant le Grand Prix mais pas seulement».

Ce point de vue est partagé par Louise Dionne, coordonnatrice du Comité d’action contre la traite humaine interne et internationale (CATHII).

«Pourquoi il n’y a pas campagne envers les touristes pendant le Grand Prix pour rappeler que depuis la loi de décembre 2014, c’est criminel? Mais il y a de l’argent en jeu, c’est un peu de l’hypocrisie», a-t-elle lancé.

Valeurs positives

Malgré les demandes du Journal, Denis Coderre n’a pas réagi directement aux critiques.

Interrogé en matinée de manière plus générale, il a simplement déclaré qu’«il faut faire de la prévention. Mais je suis heureux d’avoir le Grand Prix aussi. Ce que nous devons envoyer comme message, c’est que ceux qui essayent de faire cela (exploiter les femmes) doivent être punis en conséquence.»

Du côté de Tourisme Montréal, le vice-président Pierre Bellerose refuse d’aborder le sujet de la prostitution auprès des touristes.

«Pour nous, l’image de Montréal, ce n’est pas ça du tout. Et la meilleure façon de combattre cela, c’est de parler des valeurs positives, de la culture, de la gastronomie, des festivals.»