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«Hanté» par un règlement de comptes qui a mal tourné

Claude Bessette
Photo Le Journal de Montréal, Éric Thibault Claude Bessette attend sa peine pour homicides involontaires, au palais de justice de Longueuil.

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Coupable d’homicides involontaires, Claude Bessette se dit «hanté» par la mort des deux victimes, battues à mort sous ses yeux par un complice.

L’homme de 59 ans a témoigné avec une boule dans la gorge hier au palais de justice de Longueuil, devant le juge Richard Marleau qui lui infligera bientôt sa peine.

Le résident de Chambly a plaidé coupable à des accusations réduites relativement à la mort d’un proche des Hells Angels, François «Yo-Yo» Dupont, et du fils de ce dernier, Francis, tués le 8 novembre 2011 à Longueuil.

«Je suis hanté par ça. C’est quelque chose qui n’aurait jamais dû arriver», a-t-il dit en cour.

« Comme un beau cave... »

Selon la police de Longueuil, Bessette reprochait à François Dupont de lui avoir fait perdre son emploi de concierge dans un restaurant de Belœil, propriété du Hells Michel Guertin.

Le comptable Mario Bernier, complice de Bessette, avait aussi une dent contre Dupont, qui l’avait fait «barrer» d’un garage appartenant au même motard.

La nuit du drame, Bernier, armé d’un bâton de baseball en aluminium et accompagné de Bessette, est entré chez François Dupont et l’a roué de coups à la tête.

«Il voulait qu’on aille lui donner une volée et moi, le beau naïf, je me suis laissé embarquer, a déclaré Bessette au juge. Il savait ce qu’il allait faire là, mais pas moi.»

Francis Dupont, 23 ans, était arrivé chez son père avant que le duo ne reparte et il a subi le même sort. Bessette prétend n’avoir donné aucun coup.

Bernier a été condamné à 13 ans de pénitencier en décembre 2014.

«J’étais là. C’est sûr que je suis coupable. Comme un beau cave, je n’ai rien fait pour empêcher ça», a ajouté Bessette, hier.

Peur des motards

Les policiers longueuillois avaient mis au point une ruse pour coincer les suspects et leur soutirer des aveux incriminants durant l’enquête.

Bessette a craqué à l’hiver 2013, croyant qu’il était la cible de menaces des Hells Angels. Il ne se doutait pas que les messages anonymes qu’on lui adressait – par exemple le mot «Yo-Yo» écrit en grosses lettres rouges avec du ketchup sur un banc de neige près de son domicile – venaient des policiers.

«J’avais peur. Je n’étais plus capable de vivre avec ça.»

Bessette s’occupe de sa mère de 85 ans à temps plein.

«Si j’évite l’incarcération, je vais prendre soin de ma mère et de la propriété. Je n’en demande pas plus.»

  • La Couronne entend réclamer une peine de six à dix ans de pénitencier.