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Les taxis au front malgré Uber

Les chauffeurs de taxi pourraient perdre jusqu’à 40 % des profits ce week-end à cause de leur concurrent

Le taxi Daniel Bergeron affirme avoir perdu environ 40 % de son revenu depuis l’arrivée d’UberX l’automne dernier.
Photo Journal de Montréal, Dominique Scali Le taxi Daniel Bergeron affirme avoir perdu environ 40 % de son revenu depuis l’arrivée d’UberX l’automne dernier.

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Avec le Grand Prix qui bat son plein, plusieurs taxis sont en rogne contre Uber, qui vient selon eux assombrir une des fins de semaine les plus payantes de l'année, en s'emparant d'une partie du butin.

«Le Grand Prix, c’est à nous», clame Daniel Bergeron, un chauffeur de Taxi Hochelaga qui n’a pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds par la concurrence «illégale».

Chaque année, le Grand Prix attire de nombreux touristes à Montréal, et avec eux, une hausse de la demande pour les taxis. Or, depuis octobre dernier, n’importe quel automobiliste peut s’improviser taxi grâce à l’application pour téléphone intelligent UberX.

Il s’agit donc du premier Grand Prix où les taxis doivent composer avec cette nouvelle réalité, qui pourrait leur faire perdre jusqu’à 40 % de leurs gains, selon Dory Saliba, président du Comité provincial de l’industrie du taxi. «C’est une grosse crainte», s’inquiète-t-il.

Dory Saliba. Président CPIT
Photo courtoisie
Dory Saliba. Président CPIT

Américains

La concurrence pourrait d’autant plus se faire sentir que le Grand Prix attire beaucoup de touristes américains qui viennent de villes où Uber est déjà bien implantée, croit George Boussios, président de Taxi Champlain.

D’ailleurs, Jean-Nicolas Guillemette, directeur général de la section Québec d’Uber, ne s’en cache pas: «On s’attend à un très bon week-end [...] Les touristes font toujours partie de notre clientèle.»

Ainsi, ceux qui ont déjà l’habitude de faire appel à Uber dans leur ville continuent d’agir de la même façon ailleurs, dit-il.

En prime, les touristes qui se débrouillent mal dans la langue de Molière n’ont pas forcément besoin de parler français avec le chauffeur, puisqu’ils peuvent entrer leur destination directement dans l’application.

Complément

«Les taxis nous voient comme une concurrence, mais on est un complément» à toutes les différentes offres de transport qui existent, croit M. Guillemette.

Certains taxis se montrent d’ailleurs plutôt confiants. «Uber, pour nous ça n’existe pas. On a notre clientèle habituelle», tranche Driss Bouamira, président de Taxi-Coop.

Mais pour le chauffeur Daniel Bergeron, l’impact d’Uber sur son revenu est déjà réel. Il compte d’ailleurs sur la solidarité des autres chauffeurs pour «tasser» les conducteurs Uber pendant la manne du Grand Prix.

«D’habitude, quand on les regarde de travers, ils se sauvent d’eux-mêmes. Ils ont trop peur qu’on prenne en note leur numéro de plaque», relate-t-il.


Des chauffeurs habitués aux célébrités

Pendant le Grand Prix, un chauffeur d’expérience comme Daniel Bergeron sait comment plaire aux clients riches et célèbres qui montent dans son taxi pour tomber dans leurs bonnes grâces.

«Des fois, le pourboire peut être le double du montant qui apparaît sur le [compteur]», se félicite-t-il.

L’an dernier, il a même réussi à obtenir un autographe de l’acteur Sylvester Stallone.

Tout d’abord, les vedettes apprécient quand le chauffeur débarque de son véhicule pour leur ouvrir la porte, indique le chauffeur de Taxi Hochelaga.

Parfois, M. Bergeron s’arrange même pour laisser des bouteilles d’eau à la disposition des clients.

«Pas parleux»

Par contre, inutile de placer des journaux sur la banquette arrière en espérant que cela occupe les grands de ce monde. «Ça ne les intéresse pas. Ils sont tous au téléphone», remarque-t-il.

D’ailleurs, les stars «ne sont pas de gros gros parleux», observe-t-il. Et leur destination est facile à deviner: «Le plus souvent, c’est le casino­­».

Les chauffeurs n'ont pas besoin de s’habiller plus chic qu’à l’habitude pendant le Grand Prix, croit M. Bergeron. Il suffit de donner un bon service, souligne-t-il.

Les petites attentions sont d’autant plus importantes avec l’arrivée de l’application Uber. «On essaie de tout faire pour garder notre clientèle», assure-t-il.

 

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