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Sa veuve se confie: mort en tombant de 12 étages sur un chantier

Sa veuve se confie: mort en tombant de 12 étages sur un chantier
PHOTO COURTOISIE, FAMILLE MORIN

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​LONGUEUIL – Plus d'un an après la mort de son conjoint sur un chantier de construction à Longueuil, Mélanie Morin a accepté de se confier à TVA Nouvelles. La veuve de l'homme mort à 37 ans doit vivre au quotidien avec la disparition de son amoureux et père de leur garçon, qui était âgé de 17 mois au moment du drame.

​LONGUEUIL – Plus d'un an après la mort de son conjoint sur un chantier de construction à Longueuil, Mélanie Morin a accepté de se confier à TVA Nouvelles. La veuve de l'homme mort à 37 ans doit vivre au quotidien avec la disparition de son amoureux et père de leur garçon, qui était âgé de 17 mois au moment du drame.

Le 5 mars 2014, Daniel Morin a fait une chute de 12 étages dans une cage d'ascenseur d'un projet résidentiel en construction, près du métro Longueuil.

Les mois qui ont suivi ont été pénibles pour tous les proches. Si sa conjointe accepte d'accorder une entrevue, c'est pour témoigner des risques inutiles sur certains chantiers de construction.

«Il a tiré un fil, a reculé et il est tombé dans le trou, a-t-elle dit. Il a reculé dans le trou. C'est inimaginable comment ça change une vie».

Sa veuve se confie: mort en tombant de 12 étages sur un chantier
Photo Courtoisie, famille Morin

Mme Morin soutient que son conjoint faisait preuve d'une grande prudence, il avait d'ailleurs déjà refusé de travailler sur un chantier, parce qu'il jugeait que ce n'était pas sécuritaire.

«Selon moi il ne savait pas qu'il y avait un trou en arrière, sinon il ne serait pas allé là, a-t-elle ajouté. Il se serait attaché, mais il ne peut pas s' attacher si les compagnies ne mettent rien pour le faire. C'est frustrant.»

«Notre fils demande souvent où est son papa, a dit Mme Morin. Tous les jours, j'y pense.»

En plus de la douleur de perdre son amoureux et père de son enfant, Mélanie Morin a dû réorienter sa carrière depuis l'accident et a eu besoin de soutien psychologique.

D'après les conclusions du coroner Yves Lambert, le manque de formation était flagrant. Daniel Côté était briqueteur de formation, mais moyennant une somme de 100 $ remise à la Commission de la construction du Québec, en tant que «compagnon», il avait la permission de travailler comme monteur-assembleur.

Dans son rapport, le coroner demande au ministre du Travail de «modifier le règlement sur la délivrance des certificats de compétence de sorte que tout travailleur reçoive une formation spécifique au métier pour lequel il postule».

M. Côté était briqueteur depuis 2012, mais travaillait comme monteur-assembleur depuis moins de deux mois au moment de la chute fatale.

Pour Patrick Bérubé, du local 711 Inter, Métiers de l'acier, la formation est essentielle pour minimiser les risques d'accident.

«On est tous d'accord pour dire qu'on doit être productifs en chantier, c'est important, mais il faut le faire en ayant conscience des risques potentiels, a indiqué M. Bérubé. Ce qu'on veut c'est que quelqu'un gagne sa vie, pas qu'il la perde.»