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Rivière des Prairies

Vers 1935

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photo Courtoisie de Jean-Paul Guiard
photo Courtoisie de Jean-Paul Guiard

1-Une rivière tumultueuse

Véritable colonne vertébrale de l’archipel, la rivière des Prairies rappelle aux Montréalais, surtout ceux du nord, qu’ils sont de vrais insulaires. Ce cours d’eau décharge tumultueusement les eaux du lac des Deux-Montagnes vers le Saint-Laurent.

Photo Courtoisie de Jean-Paul Guiard

La rivière est longtemps demeurée une voie de navigation importante, que ce soit pour les Amérindiens, les coureurs des bois ou les draveurs. Il fallait alors remonter quatre rapides pour accéder aux Pays d’en haut. Ce qui n’était pas sans danger. En 1615, l’un des compagnons malouins de Samuel de Champlain, François des Prairies, puis en 1625, le récollet Nicolas Viel et son compagnon français au surnom huron d’Ahuntsic s’y noyèrent, donnant plus tard leurs noms à la rivière, au village Sault-au-Récollet et au quartier de l’île situé plus au nord. Au tournant du 20e siècle, on songea même à construire un canal dans la rivière des Prairies pour relier Montréal au lac Huron! Mais le potentiel économique de la rivière se révélera d’une autre façon.

2-Un barrage controversé

Photo Courtoisie de Jean-Paul Guiard

Très tôt, la force motrice des rapides entraîne la construction de moulins à scie et à farine. Dans les années 1920, les compagnies d’hydroélectricité songent à d’éventuels projets de barrage. Les riverains sont sous le choc. En plus d’inonder les terres agricoles, le barrage aura pour effet de réduire la navigation et d’accentuer la pollution par les eaux d’égout alors déversées dans la rivière et qui resteront stagnantes. À l’époque, la population québécoise commence à contester les abus des trusts de producteurs d’électricité privés. Le potentiel du développement industriel apporté par la future centrale convainc cependant le gouvernement d’autoriser le projet de la Montreal Island Power Co. en 1923. Entre 1928 et 1930, la centrale ainsi que le barrage sont construits à la hauteur de l’actuel parc nature de l’île de la Visitation. Pendant plusieurs années, les résidents doivent composer avec les inondations printanières provoquées par l’incapacité du barrage à contrôler le fort débit au moment de la débâcle des glaces.

3-Le pont Le Caron devenu Pie-IX

Photo Courtoisie de Jean-Paul Guiard

Difficile de reconnaître cette première version du pont Pie-IX qui s’élève splendidement sur des arches dites «à pilette en acier», selon les dessins du professeur de Polytechnique S. A. Beaulne. Bien qu’il eût été financé par le gouvernement pendant la Crise, on reprocha à la firme Dufresne Construction Co. d’avoir engagé très peu de chômeurs de Montréal-Nord. Toutefois, de part et d’autre de la rivière, les résidents voient avec satisfaction les travaux achevés le 5 décembre 1937. Finies, ou presque, les traversées en bateau! Le pont est nommé deux ans plus tard en l’honneur du père Joseph Le Caron, l’un des premiers missionnaires chez les Hurons à avoir célébré une messe en Nouvelle-France. Il sera renommé Pie-IX en 1967, car il se raccorde au boulevard du même nom. Le pont a connu plusieurs réfections majeures, les ingénieurs des années 1930 n’ayant pas prévu l’engouement des Montréalais pour l’automobile. Les arches disparaissent lors des travaux de 1965 à 1970.