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La si belle promesse

Philippe Couillard
© Les archives Jean-Francois Desgagnés

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Il se passe quoi avec la si belle promesse ? Il y a près d’un an, Philippe Couillard formulait cette promesse. C’était, à maints égards, un des engagnements qui pourraient avoir le plus d’impact pour l’ensemble des Québécois.

 

Le premier ministre annonçait que son gouvernement allait doter le Québec d'une stratégie numérique.

 

Pour les apôtres du numérique, c’était une grande nouvelle. Pour ceux qui suivent moins les questions de gouvernance numérique, ils n'en ont probablement pas entendu parler ou en avaient rien à faire.

 

C'est dommage, ça ne lève pas assez le numérique dans le grand public au Québec. On change de poste.

 

Les apôtres du numérique doivent se faire entendre. Ce qu’ils ont à dire est renversant et tellement intéressant pour aider le Québec. Partout dans le monde, des gouvernements ont des ministères du numérique. Au Québec, le mot numérique semble donner des maux de tête et semble être accolé à des nerds idéalistes. Comme si c'était «cute».

 

Et pourtant. L’Institut de gouvernance numérique du Québec (consortium d’experts pour la promotion du numérique) rappelle d’ailleurs qu’«aux États-Unis, le numérique génère trois fois plus d’activité économique que les secteurs agricoles, miniers et forestiers réunis...Imaginons ce que ça signifierait si c’était le cas au Québec». C'est plus que «cute».

 

Une stratégie numérique peut changer tout le Québec, pas juste le Québec des nerds. Ce sont des économies d’échelle, c’est de la reddition de compte, c’est de la transparence à l’état pur, c’est le partage de la gouvernance entre les élus et la population, c’est notre façon de vivre dans l’avenir, c’est notre économie, c’est nos façon de communiquer, c’est plein d’affaires. Le candidat à la chefferie du PQ, Alexandre Cloutier, avait d’ailleurs le même type de plan en tête.

 

Philippe Couillard a fait sa promesse en septembre 2014 lors d’un discours au forum des idées, un événement organisé par le parti libéral.

 

L'impressionnant message du PM

Vous pouvez le réécouter (lien). Il faut le reconnaître, son discours est inspirant. Son message est parfait. Il veut commencer à faire passer le Québec à l’ère numérique. Il veut même en faire un héritage de son passage en politique. Il insiste sur sa sincérité. Il connaît le sujet. Il vulgarise tellement bien comment le numérique peut changer le Québec.

 

On parle des restrictions budgétaires, on parle des réformes de la Santé, de l’Éducation, on parle de privatisation... mais vous savez quelle était la résolution numéro un du Parti libéral en 2014 ? « Que l’État québécois se dote d’un plan global de gouvernance numérique». Et oui!

 

Ça fait quoi ce plan :

 

  • - création d’une nouvelle entité gouvernementale responsable du numérique.
  • - création d’un poste de commissaire à la gouvernance numérique relevant du Vérificateur général.
  • - internet à haute vitesse à un prix abordable partout au Québec.
  • - augmenter les ressources internes dans les projets informatiques de façon à effectuer des économies en diminuant le recours au privé.
  • -favoriser les logiciels libres
  • -augmenter la transparence du gouvernement.
  • -inciter les organismes publics à donner leurs informations en bases de données facilement manipulables.
  • -rendre accessible en ligne tout document pouvant être obtenu en vertu de la loi sur l’accès à l’information.
  • - rendre accessibles en ligne les informations non stratégiques que détiennent les principales sociétés d’État, telles qu’Hydro-Québec et la SAQ.
  • - favoriser le télétravail au sein de la fonction publique.
  • - travailler à la mise en place d’un identifiant citoyen unique à partir duquel chaque Québécois pourrait administrer l’ensemble de ses relations avec l’État (SAAQ, impôt, RAMQ, etc)
  • - Mettre à jour les législations afin de permettre l’opération des sites de consommation collaborative (AirBnB, Über, Amigoexpress) en toute légalité tant qu’il ne s’agit pas d’une activité commerciale principale.

 

C’est plus que prometteur.

 

L’Institut de gouvernance numérique traduit bien comment le numérique est sous-exploité au Québec : alors que 85 % des Québécois utilisent les médias sociaux et que 70 % ont déjà acheté en ligne, seulement 30 % des PME au Québec ont un site web.

 

Où je veux en venir avec ça ? Depuis cette annonce, qu’est-ce qui a été fait ? Qui a été consulté ?

 

Un plan numérique, ça ne se fait pas aussi vite. Mais le problème, c’est qu’en réalité, plusieurs de ces apôtres du numérique jugent que ça n'avance pas assez. L’Institut de gouvernance numérique souligne sur son site web que le gouvernement devait annoncer dans les mois suivants septembre 2014 la gouvernance qu’il entendait donner à cette stratégie numérique.

 

Ce grand plan qui devait être développé avec la population, on n’en entend jamais parler. C’est une super idée qui semble encore seulement être une super idée. Québec a lancé son site transparence.gouv.qc.ca qui permet pour l’instant seulement de connaître l’agenda des ministres. Ne soyons pas trop exigeants, mais on est loin de la coupe aux lèvres. Le premier ministre veut que le Québec soit un modèle pour le numérique. Ça doit avancer. Autrement, la province ne sera qu’une «suiveuse» de ceux qui auront plongé dans le numérique.  

 

 

 

 

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