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Le Québec et les Premières Nations

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J’ai participé jeudi dernier à une rencontre avec les représentants de la Nation atikamekw à l’invitation du Grand Chef Constant Awashish.

J’ai participé jeudi dernier à une rencontre avec les représentants de la nation atikamekw à l’invitation du Grand chef Constant Awashish.

Les chefs des communautés de Wemotaci, de Manawan et d’Opitciwan étaient également présents. Ils participaient à un colloque réunissant une cinquantaine de personnes pour débattre de la souveraineté de leur nation.

Leur projet s’inscrit en droite ligne avec la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui reconnaît le droit à l’autodétermination à l’intérieur des frontières des États dans lesquels elles se trouvent. Cela inclut les États fédérés.

Le Canada a approuvé cette déclaration, tout comme le Québec.

Il faut toutefois que les bonnes intentions se transforment en gestes concrets. Le refus du gouvernement fédéral de reconnaître le génocide culturel dont furent victimes les Premières Nations est le signe qu’Ottawa ne s’attaquera pas à éliminer la discrimination envers les Autochtones.

Le Québec doit agir

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a quant à lui reconnu qu’il y avait effectivement eu un génocide culturel. Il a rappelé que le Québec, alors dirigé par René Lévesque, avait reconnu les nations autochtones en 1985. Il a aussi rappelé que le traité de la Paix des Braves entre le Québec et les Cris, signé par le premier ministre du Québec, Bernard Landry et le Grand Cri Ted Moses, constituait un exemple quant aux relations de «nations à nations» qui doivent être établies.

Il reste cependant que les Québécois doivent non seulement s’excuser pour les injustices qu’ils ont commises envers les Autochtones, mais également reconnaître qu’ils ont également participé à ce génocide culturel. Mais il ne faut surtout pas que les Québécois se contentent de belles paroles et d’intentions bienveillantes.

Le Québec doit entreprendre des négociations avec toutes les Premières Nations et les Inuits sur le modèle de la «Paix des Braves». Ces négociations doivent être accompagnées d’un échéancier réaliste afin d’éviter des délais carrément inacceptables comme dans le cas des négociations avec la nation atikamekw qui durent depuis trente ans!

Pour éviter que ces négociations tournent en rond, le Québec et les Autochtones devraient constituer un comité composé d’experts qui observeraient le déroulement des négociations, qui pourraient formuler des recommandations et, éventuellement, s’il y avait impasse, imposer un règlement.

Des gestes immédiats

J’ai constaté que les Atikamekw d’Opitciwan qui vivent aux abords du réservoir Gouin devaient recourir à une génératrice pour leur électricité! J’avais vu la même chose à Kitcisakik, communauté algonquine sur les bords du Grand Lac Victoria où, même s’il y a un barrage d’Hydro-Québec au milieu de leur territoire, les Algonquins doivent eux aussi recourir à une génératrice!

Ces absurdités doivent cesser.

Le développement du Québec se fera avec les Autochtones

Les Québécois ont tout à gagner à développer le Québec dans un partenariat établi d’égal à égal, de nation à nation.

La Paix des Braves est un excellent exemple d’un tel partenariat, bien qu’il existe des contentieux avec les Algonquins et les Atikamekw. Le comité d’experts dont je parlais pourrait d’ailleurs se pencher sur ces problèmes.

Il y a aussi d’autres exemples de belles collaborations, comme le développement inspirant de la communauté innue d’Essipit sur la Haute-Côte-Nord.

Tout espoir est permis à condition de respecter l’autre et d’y mettre les efforts nécessaires.

 

 

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