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Piégée par des agents doubles?

Piégée par des agents doubles?
Photo Caroline Lepage

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VICTORIAVILLE | Une ex-shérif et juge de paix du palais de justice de Victoriaville aurait été piégée par des agents doubles dans une transaction de drogue.

Le procès de Karine Prince, accusée d’entrave à la justice et d’abus de confiance a débuté lundi matin au palais de justice de Victoriaville, où travaillait l’accusés jusqu’à son arrestation en mai 2012.

Deux agents d'infiltration ont témoigné ce matin pour expliquer comment ils ont simulé, à l'automne 2011 et l'hiver 2012, un scénario de trafic et production de cannabis dans le but de valider si Karine Prince, qui agissait alors comme shérif et juge de paix au palais de justice de Victoriaville, allait collaborer avec eux.

Selon leur récit, les agents doubles sont d'abord entrés en contact avec Carl Verville, qui était le conjoint de Mme Prince, afin que celui-ci leur vende d'importantes quantités de cannabis. Tout en concluant quelques transactions de drogue, ils ont créé un lien avec Mme Prince pour qu'elle les informe de tout mandat de perquisition qui aurait pu les viser. Les policiers qui se faisaient passer pour des trafiquants de drogue lui avaient fourni l'adresse de l'entrepôt où ils produisaient du cannabis. Ils lui ont demandé à quelques reprises si elle avait vu passer un tel document. L'accusée aurait toujours nié, même si un tel mandat avait été porté à son attention.

Selon l'impression du premier agent d'infiltration, Mme Prince était impliquée indirectement dans les activités illicites de son conjoint. Même si elle a été témoin de plusieurs discussions qui faisaient allusion au trafic de cannabis, elle n'a jamais réagi. Questionnée sur le sujet, elle aurait même prétendu que cela ne la dérangeait pas.

«Elle a profité du fruit défendu. Tant qu'à moi, elle n'avait pas d'affaires-là», a déclaré l'agent d'infiltration.

L'avocat de la défense réfute les impressions des policiers. «On nage dans le ouï-dire. Je veux des faits. Il va falloir démêler ce qui est recevable ou non», a-t-il tranché.

Carl Verville ainsi que Renaud Goyette ont également été arrêtés au terme de cette opération et ont plaidé coupables à des accusations de trafic de stupéfiant ou de complot en vue d'en faire le trafic.