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Un nouveau scénario...

La stratégie de Joel Quenneville est de s’assurer que Patrick Kane et ­Jonathan Toews soient au cœur de tous les changements.
Photo courtoisie La stratégie de Joel Quenneville est de s’assurer que Patrick Kane et ­Jonathan Toews soient au cœur de tous les changements.

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On peut avoir une longue discussion à savoir quel match dans une série pouvant atteindre la limite de sept rencontres est le plus important?

On peut avoir une longue discussion à savoir quel match dans une série pouvant atteindre la limite de sept rencontres est le plus important?

Le premier?

Le troisième?

Le cinquième?

Évidemment, on n’a pas à s’éterniser sur le septième et ultime match.

Personnellement, j’ai toujours insisté sur les matchs impairs et, pour moi, le match numéro trois est le plus important. Celui de ce soir pourrait décider de l’issue de la série. Pour l’instant, on peut analyser de bien des façons les deux premières rencontres et en arriver à la conclusion qu’il s’agit d’une belle bataille entre les deux équipes.

Le Lightning de Tampa Bay ne m’a pas surpris. C’est une équipe courageuse, une formation qui n’abandonne jamais et qui parvient, depuis le début des séries, à se sortir d’une fâcheuse situation.

Du côté des Blackhawks, les pénalités ont fait toute la différence.

Retour à Chicago

Maintenant, on se retrouve dans un nouvel environnement. Les Blackhawks seront heureux de retourner à domicile. Ils ont disputé leurs trois derniers matchs à l’étranger et, depuis le début du tournoi printanier, ils ont joué 11 matchs à l’étranger et huit à Chicago.

Jouer à domicile fournira aussi plusieurs options à Joël Quenneville. Il aime bien multiplier les changements avec ses trios et sa stratégie est de s’assurer que Patrick Kane et Jonathan Toews soient au cœur de tous les changements.

Pour ce soir, je crois que Kane retrouvera Brad Richards et que Toews aura Marian Hossa et Brandon Saad comme ailiers.

Pourquoi séparer Toews et Kane ?

Parce que Victor Hedman et Anton Stralman ont été formidables lors des deux premiers matchs face à Kane et Toews. Donc, je suis convaincu que Quenneville voudra utiliser Kane et Toews sur deux trios différents mais les deux joueurs sauteront sur la patinoire dans l’ordre un et deux de sorte que Jon Cooper ne pourra utiliser Hedman et Stralman contre les deux joueurs.

Il est clair que les Blackhawks doivent obtenir une solide production de leurs quatre meilleurs attaquants : Marian Hossa, Patrick Sharp, Toews et Kane.

Je pense aussi qu’on mettra beaucoup d’emphase sur la rapidité puisque le Lightning prône une défensive homme pour homme et que si Kane maîtrise la rondelle tout en se déplaçant à toute vitesse, il entraîne un défenseur avec lui.

Il n’y a pas de permutation de position chez le Lightning en défense.

Est-ce que l’absence de Ben Bishop pourrait influencer le plan de match des Blackhawks?

J’en doute.

Les Blackhawks doivent se concentrer sur leur propre équipe, sur leur stratégie et ils doivent imposer le rythme peu importe qui sera devant le filet du Lightning.

Il y a aussi une statistique qu’on ne peut ignorer. Les Blackhawks ont eu l’avantage au pointage pendant seulement six minutes dans cette série. Le Lightning a dominé au tableau d’affichage pendant 81 minutes.

Par conséquent, c’est là qu’entrent en jeu les performances de Toews, de Hossa, de Kane et de Sharp.

Comme je l’ai précisé, le match numéro trois est le match pivot.


Beaucoup de temps de jeu

On fait tout un plat du temps de jeu du défenseur Duncan Keith depuis le début des séries éliminatoires.

Près de 30 minutes par match, je reconnais que c’est tout de même impressionnant. À cet égard, Victor Hedman joue combien de minutes par rencontre: entre 25 et 26 minutes, c’est bien aussi.

Mais, encore là, je me rappelle à l’époque où je dirigeais le Canadien. Pour les plus jeunes amateurs, je voudrais les informer sur le temps d’utilisation de Guy Lapointe, Larry Robinson et Serge Savard, le fameux Big Three.

C’étaient des joueurs avec une capacité physique exceptionnelle. Le grand Serge n’était jamais épuisé parce qu’il savait comment gérer son temps de jeu, il savait comment réagir devant la stratégie de l’adversaire.

Contre Boston en 79

En 1979, lors du match où nous avions battu les Bruins en prolongation, ce match que plusieurs ont gardé à la mémoire, Guy Lapointe avait été blessé au début de la troisième période.

Il me fallait donc réagir.

Je pris alors la décision d’utiliser Savard et Robinson le plus souvent possible. Il n’était pas question que les deux joueurs se retrouvent sur notre banc en même temps. Je voulais qu’un des deux soit constamment sur la patinoire et très souvent les deux.

Sur le but marqué par Yvon Lambert en période de prolongation, c’est le grand Serge qui avait déclenché l’attaque en freinant les Bruins au centre de la patinoire. Je me demande si Savard avait quitté la surface de jeu pendant la période de prolongation. Pas de blague.

Dans les faits, je pense que Serge, Larry et Guy jouaient en moyenne plus de 30 minutes par rencontre. Parfois, c’était quelque chose comme 35 à 38 minutes pour Savard.

Tout de même impressionnant, n’est-ce pas?

En tous les cas, ce l’était pour l’entraîneur...