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Histoire de viol inventée à Longueuil: elle est accusée d'avoir menti dans le but de soutirer de l'argent

Carole Thomas
Photo Journal de Montréal, Marie-Ève Dumont Carole Thomas avait reçu Le Journal chez elle en février pour raconter le récit de son viol allégué en détail.

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La femme qui prétendait avoir été agressée sexuellement près du lieu où Jenique Dalcourt a été assassinée à Longueuil vient d’être accusée d’avoir menti afin de soutirer de l’argent à l’IVAC.

Carole Thomas fait face à quatre accusations criminelles de méfait public, fabrication et utilisation de faux documents et fraude de plus de 5000$ à l’endroit de l’IVAC (Indemnisation des victimes d’acte criminel), selon un document obtenu au greffe du palais de justice de Longueuil, aujourd'hui.

«C’est clair que je vais plaider non coupable. Je maintiens ma version», a déclaré la principale intéressée lorsque Le Journal s’est présenté chez elle.

On reproche à Carole Thomas d’avoir amené des agents de la police de Longueuil à commencer une enquête en se disant victime d’une agression sexuelle qui aurait été commise le 20 octobre dernier sur le boulevard Industriel.

Quant aux faux documents, il s’agit de documents complétés par le personnel du Centre hospitalier Pierre-Boucher le 21 octobre, lors de l’examen médico-légal subi par Mme Thomas.

La femme de 47 ans a fait une sortie médiatique en février dernier pour dénoncer le travail des enquêteurs de la police de Longueuil quant à son agression sexuelle alléguée.

Mme Thomas prétendait alors qu’un homme l’avait battue et violée sur la banquette arrière d’une voiture pendant 20 minutes avant de prendre la fuite.

À l’époque, le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) s’était limité à dire que le cas Thomas et le meurtre de Jenique Dalcourt, survenu deux jours plus tard, n’étaient pas liés. Cette dernière a été tuée sur une piste cyclable du Vieux-Longueuil.

Enquêtes internes

Le chef Denis Desroches avait alors demandé la tenue d’une enquête interne sur la gestion du dossier Thomas.

Le ministère de la Sécurité publique avait aussi ouvert une enquête, à la demande de la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire.

D’après le SPAL, Carole Thomas aurait donné une version changeante aux enquêteurs lors de sa plainte pour agression sexuelle en octobre.

Interrogée

Elle a été réinterrogée par les policiers en avril dernier concernant la véracité de son histoire de viol, avait confirmé sa sœur Jeannine Thomas au Journal.

Cette dernière nous avait alors assuré que l’histoire de sa sœur Carole était bel et bien vraie, ce qu’elle maintenait aujourd'hui.

«Elle fait des cauchemars, prend des médicaments et va voir des psychologues», a réitéré Jeannine Thomas.

Carole Thomas comparaîtra au palais de justice de Longueuil le 7 juillet 2015.

La mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, a refusé de commenter.

- Avec la collaboration de Baptiste Zapirain


Pas une vengeance, insiste la police

Les accusations criminelles qui viennent d’être déposées contre Carole Thomas ne sont pas une vengeance des enquêteurs qu’elle a critiqués publiquement, insiste la police de Longueuil.

«Ça prend des preuves solides pour accuser quelqu’un et il y a un procureur qui est passé au travers de tout le dossier», martèle la capitaine Nancy Colagiacomo, responsable des communications du Service de police l’agglomération de Longueuil (SPAL).

Il n’y a donc aucun lien entre la sortie publique de Carole Thomas, qui a fait mal paraître le SPAL en février, et les accusations récemment déposées contre elle, selon la capitaine.

Ce dossier a été pris au sérieux dès le départ et beaucoup de démarches d’enquêtes ont été faites, assure la porte-parole du SPAL.

«C’est un cas particulier, ce n’est pas la majorité des cas qui finissent comme ça», souligne-t-elle.

Pas de négligence

En entrevue avec Le Journal il y a un peu plus d’un mois, le chef Denis Desroches avait d’ailleurs affirmé qu’il n’y avait eu aucune négligence des enquêteurs dans le dossier de Mme Thomas.

Il avait néanmoins admis que les policiers avaient tardé à faire analyser la trousse médico-légale.

Des changements ont été apportés à la suite de l’enquête interne commandée par le chef en lien avec cette affaire.

Les enquêteurs devront faire analyser immédiatement la trousse médico-légale, «comme ça a été fait dans la majorité des cas», avait alors dit le directeur au Journal.

Continuer de dénoncer

La capitaine Colagiacomo insiste sur un point: il est important que les femmes continuent de dénoncer les agressions sexuelles dont elles sont victimes.

«Le nombre de plaintes pour les agressions sexuelles augmente et c’est bon signe, note-t-elle. Ça ne veut pas dire qu’il y en a plus sur notre territoire, mais ça signifie que les femmes sont de plus en plus à l’aise de dénoncer.»

 

 

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