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Nos effets spéciaux séduisent Hollywood

Une offre stable et diversifiée, un gage de succès

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Photo Maxime Deland, Agence QMI L’entreprise Studios Framestore au Québec et d’autres entreprises québécoises comme Oasis animation, Alchimie 24, Carpe Diem et Squeeze studio se spécialisent dans l’animation de personnages.

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On le sait, Montréal et le Québec accueillent de plus en plus de tournages américains ou internationaux. Partout, on louange nos artisans, mais l’intérêt se fait aussi grandissant pour les effets spéciaux et l’animation du Québec.

Même Hollywood vient voir ce qui se fait ici et donne des conseils à l’industrie.

C’est littéralement un jeu de séduction. Lorsque les entreprises québécoises ou les officiels de l’industrie se rendent à Hollywood, ils doivent savoir comment aborder le monstre. Comment faire pour convaincre les studios et les bonzes de Beverly Hills de choisir le Québec ?

«Premièrement, il faut comprendre les besoins des studios, c’est primordial. Et les équipes de direction et de management doivent être compétentes. Vous pouvez avoir un beau bateau, un bon équipage, mais si tu n’es pas capable de vendre ton bateau, tu n’iras pas loin», a constaté Andrew Fowler, directeur exécutif chez New Regency Productions.

Ce dernier est de passage à Montréal pour donner la conférence «Comment réussir un pitch à Hollywood» lors de la première édition du salon «effects Mtl» qui réunit plusieurs joueurs mondiaux des effets spéciaux et de l’animation.

«On rit, mais on doit aussi savoir dans quoi on s’embarque. Travailler avec les studios à Hollywood, c’est un peu fou (rires). Il y a des choses qu’on ne peut prédire, c’est pourquoi il doit y avoir une stabilité au sein de l’offre et de l’entreprise», a affirmé M. Fowler.

Il connaît toutefois bien le Québec. Il avait été responsable des effets visuels de 300, le péplum pixélisé mettant en vedette Gerard Butler tourné en 2004.

«Montréal est le quatrième pôle mondial. L’offre est encore meilleure qu’à l’époque avec le retour des crédits d’impôt. C’est très important. Et on sent aussi qu’on peut avoir accès aux infrastructures, à des lieux de tournage, à des techniciens et artisans qui connaissent bien leur métier», a-t-il soutenu.

En expansion

Marine Lelièvre abonde dans le même sens. L’organisatrice de l’événement croit qu’il est plus facile de séduire Hollywood avec une offre stable et diversifiée.

«Les studios peuvent tout faire ici, avoir des effets spéciaux, des salles, des lieux de tournage, de la postproduction. C’est vraiment “un clés-en-main” et c’est facile de vendre Montréal et le Québec», dit-il.

«C’est une industrie énorme. On l’oublie souvent, mais le secteur des effets spéciaux fournit de l’emploi à 2000 personnes. Nous avons 40 studios et en une année, on peut avoir jusqu’à 5000 lieux de tournage», a-t-elle assuré.

Au salon, les joueurs internationaux sont présents comme Marvel, Dreamswork, Sony, mais aussi d’autres comme Framestore qui cherche à pourvoir une centaine de postes à Montréal.

Bien représenté

Mais il y a aussi des joueurs québécois comme Oasis animation, Alchimie 24, Carpe Diem et Squeeze studio, un studio situé dans la Vieille Capitale qui se spécialise dans l’animation de personnages.

«Ça bouge énormément à Québec. Seulement en six mois, nous sommes passés de 15 à 50 employés. On vient ici rencontrer des gens de l’industrie», a assuré Sandra Bergeron.

Un peu plus loin, le cégep de Matane et le Centre de recherche et de recherche en imagerie numérique veulent aussi tirer leur épingle du jeu.