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CLIP: La technique d’impression 3D inspirée du film Terminator 2 qui pourrait révolutionner l’industrie manufacturière

CLIP: La technique d’impression 3D inspirée du film <i>Terminator 2</i> qui pourrait révolutionner l’industrie manufacturière
Youtube.com | Carbon3D Inc

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Dévoilée en mars dernier lors d’une conférence Ted Talks, la technologie d’impression 3D «CLIP» est à des années-lumière des techniques d’impression 3D actuelles. On la croirait presque sortie d’un film de science fiction (et c’est un peu le cas, d’une certaine façon).

New 3D printer grows solid objects out of liquid baths!

Scientists have developd a new 3D printing method that grows solid objects from a liquid bath - and works up to 100 times faster than anything on the market today! See the research --> https://scim.ag/1DCSiBW

Posted by Science on Wednesday, June 10, 2015

Développé par la compagnie américaine Carbon3D, ce nouveau procédé est appelé CLIP (continuous liquid interface production, ou production à interface liquide continue) et permettrait d’imprimer des objets tridimensionnels de 25 à 100 fois plus rapidement que les techniques d’impression 3D traditionnelles et pourrait éventuellement devenir 1000 fois plus rapide.

L’impression 3D telle que nous la connaissons actuellement consiste à appliquer successivement plusieurs couches de matériel sur une matrice pour créer une forme tridimensionnelle. Selon Joseph DeSimone, PDG de Carbon3D et co-inventeur de la technologie CLIP, ces imprimantes n’ont de 3D que le nom :

«L’impression 3D est un nom trompeur», expliquait-il lors de son Ted Talk, en mars dernier (si vous avez un petit dix minutes, la vidéo complète se trouve à la fin de cet article). «C’est essentiellement de l’impression 2D, répétée maintes fois, comme si on imprimait une lettre sur du papier avec une imprimante à jet d’encre, mais par couches répétée, jusqu’à obtenir une forme 3D.»

«Il y a des champignons qui poussent plus rapidement que les impressions 3D», ironise-t-il.

 

Inspirés par Terminator 2

«Nous avons été inspirés par la scène du T-1000, dans Terminator 2, et nous nous sommes demandés si une imprimante 3D pourrait fonctionner selon le même principe : un objet qui émerge d’un liquide, en temps réel et sans perte», continue-t-il.

La technologie développée par Carbon3D permet de fabriquer des objets en continu à partir d’une résine de polymère, éliminant de facto les problèmes d’intégrité structurelle des objets produits par les techniques actuelles.

Plutôt que d’imprimer par couches successives, l’imprimante de Carbon3D projette des rayons ultra-violets sous un réservoir de résine de polymère, provoquant une réaction photochimique qui solidifie la matière. L’introduction d’oxygène par une membrane perméable permet de créer des «zones mortes» qui inhibent la réaction chimique, créant des vides dans la forme d’une précision de l’ordre du micron (un millième de millimètre).

À mesure qu’elle se solidifie, la matière est tirée vers le haut dans un mouvement continu, ce qui permet d’obtenir un objet avec une surface complètement lisse et uniforme, contrairement à l’impression 3D régulière, dont les couches successives restent visibles, et d’une structure moléculaire comparable au résultat d’un moulage par injection.


CLIP: Production à interface liquide continue

De plus, plusieurs polymères aux propriétés mécaniques différentes peuvent être utilisés, permettant une infinité d’applications, tant dans l’industrie automobile ou aéronautique qu’en médecine ou en orthodontie, par exemple.

Bref, en créant un pont entre le logiciel et l’internet permettant de passer directement d’un modèle 3D à une pièce physique de qualité commerciale sans avoir à passer par toutes les étapes de prototypage et d'usinage, Carbon3D pourrait véritablement ouvrir la porte à une production 3D à grande échelle dans le secteur manufacturier.

Tant qu’on ne l’utilise pas pour créer des robots meurtriers polymorphes...


La conférence TED Talks de Joseph DeSimone