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«Il me reste beaucoup de choses à faire»

Après avoir élaboré les projets de loi 10 et 20, Gaétan Barrette veut s’attaquer aux médicaments

«Il me reste beaucoup de choses à faire»
Photo Simon Clark

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Aminci et de bonne humeur, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avertit d’emblée qu’il parlera de n’importe quoi, mais pas de son poids. Par pudeur, mais surtout par respect envers ceux qui luttent contre l’aiguille de la balance. Il admet faire retailler ses habits les uns après les autres, mais les confidences n’iront pas plus loin. Gaétan Barrette dirige un empire qui accapare la moitié des dépenses de programmes. Il impose les changements forcés par le vieillissement de la population et l’équilibre budgétaire. Rencontre avec un homme résolu.

Alors, cette première année en politique?

Je peux aujourd’hui répondre à la grande question: est-ce que ça prend un médecin pour diriger le ministère de la Santé? La réponse, c’est non. Mais ça prend quelqu’un qui a une connaissance réelle et approfondie du réseau de la santé. Celui qui n’a pas cette connaissance travaille sur recommandation des fonctionnaires.

Le travail est-il plus difficile qu’à votre arrivée?

J’étais apprécié des journalistes parce que je leur donnais de la substance. Je disais des choses claires et vérifiables. Mais là, c’est plus difficile. Je vous donne un exemple: la hausse de 4 % dans les CHSLD, c’était une coquille, une erreur. Nous n’en avons jamais eu l’intention. Mais, comme tout est toujours à la dernière minute, ça s’est retrouvé dans les crédits. Cinquante et une personnes ont travaillé sur la conciliation des données des agences à la loi 10. J’ai dit séance tenante que c’était une coquille. Mais tout le monde a continué à laisser entendre que je m’étais fait prendre. M. Lisée a sauté là-dessus, mais bon, c’est ça, la politique.

Appréciez-vous vous mesurer à Jean-François Lisée?

On s’amuse en commission parlementaire. Jean-François Lisée, c’est le meilleur orateur de l’opposition. Il ne ment pas, il construit un message qui est faux. Il met des éléments bout à bout et la résultante est fausse. C’est sa qualité. M. Lisée est excellent.

Et Diane Lamarre? C’est plus facile?

Sans commentaire.

Vous avez une entente avec les médecins, pourquoi vouloir en plus faire adopter le projet de loi 20?

Si j’avais signé une entente avec les médecins sans le projet de loi 20, j’aurais fait une erreur. Le moteur de l’entente, c’est le projet de loi 20.

Les Québécois espèrent beaucoup de cette entente. Et si les médecins ne livrent pas la marchandise?

Je n’hésiterai pas une nanoseconde avant d’appliquer le projet de loi 20. On s’est entendu là-dessus avec la Fédération des omnipraticiens du Québec. Je suis confiant.

On a le sentiment que les médecins n’ont pas à subir l’austérité alors que les pharmaciens y sont contraints.

Les médecins ont subi l’austérité durant 20 ans. Ils ont été sous-payés durant longtemps. Ils ont eu un rattrapage qui tient compte de l’écart de richesse du Québec. On a voulu étaler les sommes, mais le PQ a retiré sa demande. Stéphane Bédard l’a dit devant plusieurs personnes.

Avec deux projets de loi, vous procédez à des réformes majeures. Que vous restera-t-il à faire?

Il me reste beaucoup de choses à faire.

Il faut opérationnaliser les projets de loi 10 et 20 et, pour cimenter tout ça, il faut implanter le financement à l’activité. Pour les mêmes traitements, il y a des écarts allant jusqu’à 40 % selon les établissements. Il faut corriger ça. Et l’automne prochain, ce sera le médicament; il y a de l’argent à aller sauver là.

N’importe qui aurait besoin de deux mandats, non?

Idéalement, oui. Je l’ai déjà dit, ça prend deux mandats. Malheureusement, le problème des réformes, c’est que le suivant défait ce que le précédent a fait.

Pensez-vous que les prochaines élections seront référendaires?

Si ça ne l’est pas, c’est qu’ils reculent ou qu’ils cachent quelque chose. Pour moi, la prochaine élection sera référendaire. Je n’ai aucun doute là-dessus.

Que pensez-vous du débat entre le PQ et le jurisconsulte au sujet de Pierre Karl Péladeau?

Mon appréciation de ça est très négative. Je vois en face de moi des gens qui remettent en cause la compétence du vérificateur général et la probité du jurisconsulte. Le prochain, ce sera le commissaire à l’éthique? C’est très inquiétant. Quand on est insatisfait d’un jugement, peut-on dire que tout le système de justice est pourri? Socialement, ça envoie un très mauvais message. Ce sont peut-être les médias qui rappelleront le PQ à l’ordre.

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