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Un retour réussi

Corey Crawford travaille étroitement avec Jimmy Waite chez les ­Blackhawks.
photo afp Corey Crawford travaille étroitement avec Jimmy Waite chez les ­Blackhawks.

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Quelques jours avant le repêchage de 2014 à Philadelphie, Jimmy Waite avait obtenu deux entrevues sérieuses pour obtenir un poste d’entraîneur des gardiens dans la LNH. Les Flames de Calgary avaient démontré un intérêt évident, mais son cœur penchait pour une autre formation qui le courtisait, soit son équipe, les Blackhawks.

La formation de Chicago venait de congédier Steve Weeks, qui avait remplacé Stéphane Waite, le frère de Jimmy. Après seulement une saison aux côtés de Corey Crawford, Weeks n’avait pas été en mesure de chausser les souliers du plus vieux des frères Waite.

Les Blackhawks ont alors demandé à Stéphane une dernière faveur afin d’identifier le meilleur candidat pour travailler avec les gardiens de la formation de Chicago. Un nom est apparu rapidement sur la table et c’est celui de Jimmy Waite, qui travaillait avec les Saguenéens de Chicoutimi depuis deux saisons.

GAGNER LA COUPE

Pour Jimmy Waite, revenir dans l’organisation des Blackhawks faisait partie de ses objectifs de carrière. Choix de première ronde de Chicago en 1987 (huitième au total), il a vécu ses meilleurs moments avec les Blackhawks même s’il n’a pas été en mesure de s’établir clairement comme gardien numéro un. Après avoir joué avec les Sharks et les Coyotes, c’est en Allemagne qu’il s’est exilé alors qu’il a terminé sa carrière en 2010.

Maintenant, il suit les traces de son frère et va tenter de remporter une première coupe Stanley dès ce soir, avec la formation qui lui a permis de disputer une centaine de matchs dans la LNH.

OUBLIER LES SUPERSTITIONS

L’entente entre Stéphane et Jimmy Waite est de ne pas communiquer en séries, une forme de superstition qui existe entre les deux hommes. Sauf qu’avant le début de la finale, Jimmy a contacté son frère pour en savoir plus sur Ben Bishop, un gardien de 6 pieds 7 pouces qui fait la pluie et le beau temps dans la ligue depuis deux saisons.

Aujourd’hui, le gardien du Lightning est blessé et n’est évidemment pas à l’aise devant son filet. Reste que peu d’équipes l’ont aussi mal fait paraître qu’actuellement et c’est aussi ça le travail d’un entraîneur des gardiens, soit de trouver les failles du gardien adverse.

Pour ce qui est de son travail avec Crawford, les deux hommes se connaissent depuis cinq ans, alors que Jimmy accompagnait souvent son frère durant la saison estivale pour travailler avec les gardiens des Blackhawks. Ce n’est donc pas surprenant de voir que le gardien numéro un des Hawks connaisse une aussi bonne saison et soit autant à l’aise devant son filet. Comme Jimmy Waite me le disait récemment, un des gros problèmes dans sa carrière est qu’il a trop souvent eu des entraîneurs des gardiens qui voulaient le transformer ce qui à la longue ne fait qu’empirer les choses. Sa façon d’enseigner est évidemment tout le contraire alors qu’il travaille avec les forces de ses gardiens, au lieu de changer leur style.

CRAWFORD MÉRITE DU CRÉDIT

Les Blackhawks auront donc la chance de remporter une première coupe Stanley à domicile depuis 1938. Si jamais le scénario rêvé des partisans de l’équipe se concrétise, il y aura peu d’analystes qui vont donner du crédit à Corey Crawford, parce qu’il n’a jamais eu le traitement médiatique réservé aux meilleurs gardiens de la ligue.

Pourquoi? Parce que la plupart des experts vont dire que n’importe quel gardien pourrait gagner avec cette équipe. J’ai justement demandé à Ben Bishop ce qu’il en pensait. «Je n’en reviens toujours pas qu’on doute des qualités de Corey. C’est un gagnant qui mérite beaucoup plus de crédit et j’ai suivi toute sa carrière parce que son cheminement ressemble au mien.»

Avec 44 victoires en 75 matchs en séries et peut-être une deuxième coupe Stanley en trois ans, il serait effectivement temps de donner du crédit au gardien québécois. C’est sans oublier les frères Waite, qui eux aussi ont permis aux Blackhawks de former un gardien d’une grande qualité.


L’OMERTA DE LA LNH

Un message clair a été lancé aux hauts dirigeants de la LNH: pas un mot sur les problèmes des Coyotes et sur les intentions de la ligue dans ce dossier. Peu importe à qui on demande des informations, on réfère les journalistes aux responsables des communications de la LNH afin qu’on en sache le moins possible sur ce problème qui continue de hanter la ligue. La dernière fois qu’on a assisté à une situation similaire, c’était il y a quatre ans alors que les Thrashers ont déménagé à Winnipeg. Est-il trop tôt pour parler de déménagement? Probablement, parce qu’il fait attendre la décision d’un juge à la fin du mois qui déterminera si la Ville de Glendale a raison de chasser les Coyotes de son amphithéâtre. Si la décision est en faveur de la ville, la LNH devra arriver avec un plan B rapidement. C’est là-dessus qu’on travaille présentement et c’est pourquoi l’omerta règne chez les dirigeants.

OUBLIER PHIL KESSEL

Le Canadien fait partie des équipes où Phil Kessel accepterait d’être échangé. C’est gentil, mais ça n’arrivera pas. Même si Marc Bergevin tente à chaque jour d’améliorer son équipe, la solution à l’attaque ne passera pas par le joueur des Maple Leafs, qui a encore six années de contrat qui lui rapportent huit millions de dollars annuellement. Le problème n’est pas que Phil Kessel soit un mauvais joueur, mais ce n’est pas un leader positif, ce qui fait peur à plusieurs formations. Il serait beaucoup plus probable que Kessel se retrouve avec une équipe où l’attention médiatique est moins grande qu’à Toronto ou Montréal.

APPRENDRE DES MEILLEURS

L’autre entraîneur des gardiens qui se retrouve en finale de la Coupe Stanley est Frantz Jean, qui en est à sa cinquième saison avec le Lightning. Cet enseignant hors pair a une école de hockey pour gardiens qui a lieu au complexe sportif Bell de Brossard du 24 au 28 juin et il reste encore une dizaine de places disponibles. Pour ceux qui souhaitent s’inscrire, il suffit de se rendre au www.proteckgoaltending.com pour avoir plus de détails. Marc Champagne et Gilles Lefebvre qui étaient entraîneurs des gardiens avec les Islanders seront aussi sur place.