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Au moins 700 M$ pour démolir le Stade olympique

Photos Stade Olympiques
Photo Le Journal de Montréal, Ben Pelosse Le gouvernement Couillard hésite encore sur le sort de la structure qui coûte chaque année aux contribuables plus de 17 M$ à entretenir.

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QUÉBEC | La démolition du Stade olympique coûterait plus de 700 M$, selon une étude obtenue par le Bureau parlementaire.

La «déconstruction» du Stade et de sa tour plongerait l’est de Montréal dans un gigantesque et coûteux chantier de 5 ans.

C’est le principal constat qui ressort du document d'une centaine de pages. L’analyse a été commandée par la Régie des installations olympiques (RIO) en 2009, mais n’a jamais été rendue publique. En tenant compte de l’augmentation des prix, la démolition pourrait coûter près de 800 millions $ si elle débutait en 2015.

Le Stade olympique sème la controverse depuis des années. Son coût de construction estimé à 1,5 milliard $, ses problèmes récurrents de toiture et son faible taux d’occupation font régulièrement la manchette.

Le gouvernement Couillard jongle depuis plusieurs mois avec l’idée de changer le toit du stade, une opération de plusieurs centaines de millions, ou de le condamner durant la période hivernale. C’est sans compter le vieillissement de la structure olympique, qui aurait besoin d’investissements de 220 M$, et la subvention de fonctionnement annuelle de 17 M$.

Dynamitage impossible

L’étude sur les considérations techniques et financières relatives à l’hypothèse de déconstruction du Stade, réalisée par la firme Séguin, enterre par ailleurs le scénario de dynamitage de la structure en béton du «Big O».

«L’implosion du Stade olympique aurait davantage des effets semblables [...] à ceux constatés lors de l’effondrement des tours du World Trade Center [le 11 septembre 2001], alors que le tiers de l’île de Manhattan avait été recouvert d’une épaisse couche de poussière», souligne le document.

Si les «tours et édifices adjacents détruits du World Trade Center ont généré 1,8 million de tonnes de débris», le «stade, le mât et les équipements annexes représenteraient quant à eux 1,4 million de tonnes».

La destruction classique du Stade créerait un «nuage» constitué de «poussière de béton, de silice, d’amiante et de métaux lourds» qui pourrait «recouvrir une partie de l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve».

Il n’est pas non plus possible d’utiliser la «boule» de démolition. La destruction irréfléchie du béton pourrait créer des «effets de catapultes des câbles de post-tension soudainement relâchés» ayant pour conséquence la «projection potentielle de blocs de béton et autres matériaux à plusieurs centaines de mètres».

De plus, le document souligne l’impossibilité de «créer des ondes de choc dans le sol» en raison de la grande proximité d’une ligne de métro, du Biodôme, du cinéma Starcité et du stade Saputo.

Pièce par pièce

La firme Séguin estime que la seule solution est de déconstruire le stade «pièce par pièce, comme pour un «jeu de mécano».

«Il s’agirait d’une véritable opération chirurgicale. Il faudrait retirer toutes les composantes les unes après les autres, pièce par pièce, selon un ordre bien établi», souligne l’étude.

De son côté, la RIO affirme que le Stade olympique n’a jamais été aussi utilisé depuis 2003 et qu’elle prépare un dossier d’opportunité pour changer sa toiture.

Faits saillants de l’étude

Beaucoup de camions

Des centaines de milliers de tonnes de béton devront être transportées hors de Montréal. La rue Sherbrooke pourrait être embouteillée puisque le concassage du béton «impliquerait une fréquence d’un camion toutes les cinq minutes pendant 570 jours».

Un long chantier

«Il est raisonnable de suggérer un calendrier des travaux de 48 mois, auquel s’ajouterait une phase préparatoire de 12 mois, en tenant compte que le démontage du Stade uniquement s’échelonnerait sur 32 mois.»

Pas de dynamitage

L’implosion du Stade olympique et du mât aurait des effets indésirables majeurs:

  • projection potentielle de blocs de béton à plusieurs centaines de mètres
  • émission de tonnes de poussières dans un rayon probable de plusieurs kilomètres
  • ondes de choc dans le sol mettant potentiellement en péril les bâtiments adjacents, dont le Biodôme et le tunnel de métro de la ligne verte.

Subvention de fonctionnement du gouvernement du Québec pour l’entretien du Stade

2010 : 19 M$

2011 : 17,9 M$

2012 : 16.8 M$

2013 : 16 M$

2014 : 17 M$