/news/society
Navigation

Pointe-Claire à la Belle Époque

25 juin 1910

Pointe-Claire à la Belle Époque
Photo Courtoisie de la SSPPC, Fonds Claude Arsenault

Coup d'oeil sur cet article

Une vie de villégiature

Pointe-Claire à la Belle Époque
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin

À la Belle Époque, Pointe-Claire est la destination estivale­­ de choix pour les Montréalais de classe moyenne et aisée. Dès la fin mai, les habitants de ce petit­­ village agricole voient débarquer des trains les familles d’avocats, de médecins et de banquiers, de marchands et de commis de bureau montréalais: tous fuient la canicule et la pollution de la ville industrielle. Les célibataires s’installent à l’hôtel et les familles dans des villas, chalets et bungalows aux abords du splendide lac Saint-Louis. L’engouement est tel que déjà en 1895, le journal The Week indique que les terrains sur le rivage sont hors de prix! Malgré la spéculation immobilière, la villégiature ouvre le secteur à la colonisation: apparaissent, au début du siècle, des routes macadamisées, des aqueducs, des égouts et l’éclairage électrique. Malgré le développement rapide, la nature reste au cœur de l’aménagement des lotissements comme celui de Bowling Green (1907) suivant les plans d’une cité-jardin­­ de l’architecte paysagiste Frederick Todd.

Pointe-Claire à la Belle Époque
Photo Courtoisie de la SSPPC, Fonds Claude Arsenault

Les clubs nautiques

Pointe-Claire à la Belle Époque
Photo Courtoisie de la SSPPC, Fonds Claude Arsenault

Les rives idylliques du lac Saint-Louis charment bien des vacanciers anglophones et francophones. La baignade et la voile étant particulièrement populaires auprès de cette communauté de villégiature, des clubs de navigation de plaisance apparaissent à Valois (1882), à Pointe-Claire (1889) et à Lakeside (vers 1900). Ces clubs sont bien plus que de simples hangars à bateaux et des quais. Sous l’impulsion de leurs membres dynamiques sont aménagés des parcs et des terrains de tennis ou de golf, et l’on organise des clubs de lecture, des soirées dansantes et des séances de cinéma ou de théâtre. La Première Guerre mondiale et la Crise mettent fin à leur histoire, exception faite du Yacht Club de Pointe-Claire, toujours actif. Les régates sur le lac Saint-Louis font rêver, de nos jours encore, les adeptes de la voile.

La semaine de l’aviation

Pointe-Claire à la Belle Époque
Photo Courtoisie BAnQ P600,S6,D4,P5

Sur la carte postale, l’arrivée d’un avion de type monoplan Blériot XI ne semble pas troubler les vacancières! En fait, l’aéroplane finement dessiné sur l’image évoque l’inauguration prochaine de la très attendue semaine de l’aviation à Lakeside, un secteur de Pointe-Claire. Qualifié de «plus grand meeting d’aviation au monde», l’événement accueille deux aviateurs de grande renommée. L’Américain Walter­­ Brooking sera le premier à effectuer­­ une envolée au Québec à bord d’un biplan Wright Transitional Model A, propulsé au décollage par... une catapulte! Quant au Français Jacques de Lesseps, il survole Montréal à deux reprises en juillet 1910 avec son Blériot XI surnommé «Le Scarabée». Impressionnés, les Mohawks de Kahnawake le surnomment Tehanerahontsowaner, «le chef aux grandes ailes». Après avoir été le premier à photographier le territoire québécois du haut des airs en 1926, il s’abîme en mer le 18 octobre 1927 en survolant la côte gaspésienne. Une statue en son honneur est élevée à Gaspé en 1932.