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Mon rêve pour le Québec

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Si le 1er janvier est le jour des résolutions individuelles (« Je vais cesser de fumer et faire de l’exercice... »), le 24 juin est celui des résolutions collectives.

Si le 1er janvier est le jour des résolutions individuelles (« Je vais cesser de fumer et faire de l’exercice... »), le 24 juin est celui des résolutions collectives.

Que souhaitez-vous pour le Québec ? Que devrions-nous faire pour améliorer notre sort et, surtout, faire en sorte que nos enfants aient une meilleure vie que nous ?

PÉCHÉ MORTEL

« Il faut se donner un pays », diront les uns.

« Il faut en finir avec le débat constitutionnel et enterrer ce vieux rêve stérile une bonne fois pour toutes », répondront les autres.

Permettez-moi d’être plus pragmatique.

Ce que je nous souhaite pour la prochaine année ? (Le 24 est demain, mais je prends de l’avance...)

Que nous cessions d’envisager l’argent, la réussite et la richesse comme des péchés mortels.

Que nous nous débarrassions de ce vieux fonds catholique qui nous pousse à voir un bandit et un fraudeur dans chaque personne bien nantie.

« Il est plus facile pour un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu... » (Marc, 10 :25)

Qu’on en finisse avec cette généralisation stupide.

Tout comme les assistés sociaux ne sont pas tous des parasites, les gens qui ont réussi ne sont pas tous des crosseurs.

J’aimerais qu’on ait plus de Nicolas Duvernois et moins de concombres masqués qui pensent construire le Québec de demain en vandalisant des salles de cours, en bloquant l’entrée de leur université et en cassant des vitrines de restos.

PASSER LA MOPPE

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de Nicolas Duvernois...

Dès l’âge de 17 ans, ce gars a toujours voulu avoir sa propre entreprise. Pour financer son rêve, il a passé 12 ans à laver les planchers de l’hôpital Sainte-Justine. De nuit.

Amateur de spiritueux, il a travaillé d’arrache-pied pendant deux ans pour savoir comment il pourrait fabriquer de la vodka à partir de maïs québécois. Il a fait des tests, effectué des recherches, monté un plan d’affaires, élaboré une recette inédite avec l’aide d’un maître distillateur.

Résultat : en décembre 2009, sa vodka, Pur, a remporté le prix de la meilleure vodka du monde au World Vodka Masters, à Londres. Et qu’est-ce que Nicolas Duvernois a fait, le soir même ?

Il est allé travailler à l’hôpital Sainte-Justine. Avec sa moppe et son sceau. « Mais ce soir-là, j’avais le sourire fendu jusqu’aux oreilles », a-t-il confié au journal Les Affaires.

L’entreprise de Monsieur Duvernois emploie maintenant 25 personnes.

VOIR GRAND

Ce sont des individus de cette trempe qui vont permettre au Québec d’ouvrir grandes ses ailes.

Des gars comme Laurent Tremblay et Alexis Lord-Patton, deux entrepreneurs de 19 ans qui ont parti leur propre entreprise de boisson énergétique à base de betterave (Bleed). Des filles comme Geneviève Everell, qui a littéralement grandi dans la rue (sa mère était toxicomane, son père alcoolique) et qui est devenue la « reine des sushis ».

Des gens qui foncent. Qui se relèvent les manches. Qui ont du front tout le tour de la tête.

Qui bossent. Qui suent. Qui travaillent.

Pierre Falardeau riait des gens dont la devise était « Think Big ! » Il les trouvait ridicules.

On devrait au contraire les applaudir.