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Conduite avec capacités affaiblies: le policier Éric Lebel est condamné

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SHERBROOKE - Le policier Éric Lebel a été déclaré coupable de conduite avec capacités affaiblies et de délit de fuite.

Le juge Serge Champoux a été plutôt cinglant à l'endroit des policiers intervenus sur la scène la nuit de l'accident et qui ont prétendu avoir mené l'enquête en toute transparence. «Il apparaît clair à mon esprit que l'on aurait fermé le dossier sans que personne ne le sache. N'eût été d'un appel logé dans un média par un des témoins, la direction du service de police n'aurait jamais été informé des événements impliquant le policier Lebel, et l'affaire aurait été classée comme un accident matériel», a souligné le magistrat.

Le 4 mars 2014, vers 1 h 50 du matin, Éric Lebel a embouti une niveleuse qui effectuait du déneigement.

Le sergent, qui compte près d'une vingtaine d'années de service au Service de police de Sherbrooke, était en civil au moment de l'accident survenu à l'intersection des rues Galt et Letendre.

Selon les témoins de la Couronne, des employés de la voirie, l'accusé avait une démarche chancelante quand il est descendu de son véhicule.

Après être remonté dans son automobile, Éric Lebel s'est dirigé rue Letendre. Croyant qu'il voulait s'enfuir, Christian Dion, contremaître au déneigement, le suivra et lui fera signe de s'immobiliser.

Selon lui, l'accusé dégageait une forte odeur d'alcool. Il l'aurait supplié de le laisser partir, qu'il était policier et qu'il allait payer pour les dommages.

L'accusé avait livré une version complètement différente, selon laquelle dès que le témoin avait été informé de son statut de policier, il lui avait dit qu'il lui ferait perdre son emploi.

Éric Lebel a déclaré qu'il avait consommé dans les heures précédentes deux bières en fût de 20 onces chacune et un shooter, et qu'il était en état de conduire.

À la suite de sa condamnation, Éric Lebel a dû rendre son permis de conduire et a écopé de 1750 $ d'amendes.

Il sera, en vertu de la Loi sur la police, automatiquement destitué de ses fonctions. Puisque les accusations ont été portées par voie sommaire, il aura toutefois le droit de plaider sa cause devant le comité de discipline du Service de police de Sherbrooke et de la Ville de Sherbrooke, pour tenter de conserver son emploi. Il n'est pas impossible qu'il soit uniquement condamné à une suspension de plusieurs mois.

Son avocat et ses représentants syndicaux n'ont pas voulu émettre de commentaires. Ils ont trente mois pour décider s'ils porteront le jugement en appel.