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La CAQ et le PQ se questionnent sur le contrat de 30 M$ des radars photo

Chantier de construction photo radar
Photo d'archives

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La Coalition avenir Québec et le Parti québécois haussent le ton et veulent savoir pourquoi le gouvernement a octroyé, sans concurrence conforme, 30 M$ à la firme CGI pour l’implantation des radars photo.
 
Comme plusieurs joueurs dans le marché, les formations politiques ne comprennent pas que Québec ne soit pas capable de favoriser la concurrence dans un domaine pourtant hautement concurrentiel partout dans le monde.
 
Éric Caire de la CAQ et Martine Ouellet du PQ sont sortis de leurs gonds pour réagir à notre reportage de mardi matin qui concernait le mécontentement d’une firme de Québec, Ver-Mac, qui voulait décrocher ce contrat, mais qui a été jugée non conforme. L’entreprise dit avoir été disqualifiée en raison d’un «détail». Son prix suggéré était deux fois inférieur (15 M$ de moins) à CGI, qui n’a rien à se reprocher.
 
Quatre soumissionnaires voulaient ce contrat donné en avril dernier. Elles ont toutes été rejetées par Québec, sauf CGI. Soulignons que Québec avait déjà lancé cet appel d’offres une première fois en 2013, mais le processus avait été annulé puisque seulement CGI avait soumissionné.
 
Une autre firme, le Groupe-Techa, une entreprise montréalaise, proposait un prix de 13 M$ de moins que CGI, mais pour une raison que la firme ne comprend toujours pas, sa soumission a été jugée non conforme, a-t-on révélé il y quelques semaines.
 
Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a demandé une vérification interne concernant l’octroi du contrat. Il attend les conclusions. 
 
«Je ne comprends pas pourquoi l’appel d’offres n’est pas repris», s’insurge le député de la CAQ, Éric Caire. «Ver-Mac, ce n’est pas une binerie. Ils sont reconnus à l’international», ajoute-t-il.
 
«J’espère qu’il n’y avait pas une volonté de favoriser une seule entreprise, car ce sont les contribuables qui sont perdants (...) Nous n’avons pas à donner 15 M$ pour de beaux yeux», poursuit le député de La Peltrie.
 
«Quand tu décides d’éliminer des soumissionnaires sur des affaires comme ça, ça n’a pas d’allure, voyons ! (...) Je sais que Martin Coiteux a demandé une vérification interne, ça calme le jeu sur le coup. Mais le problème, c’est qu’on fait toujours des vérifications à la pièce. À un moment donné, ça va prendre plus que ça. Ça prend une commission d’enquête. Combien de situations comme ça a-t-on laissé passer?», se questionne-t-il.
 
Pas acceptable, dit le PQ
 
«On se questionne vraiment sur le processus», laisse tomber Martine Ouellet, porte-parole du PQ en transport. «Là, c’est le deuxième soumissionnaire qui dénonce le résultat de l’appel d’offres et il (Ver-Mac) suggérait aussi la moitié du prix».
 
«On parle quand même de 15 M$. C’est surprenant dans une période dite d’austérité de constater que le gouvernement impose à l’ensemble des citoyens de la classe moyenne de laisser aller passer un dossier comme celui-là. 15 M$ c’est cinq fois l’entretien de la route verte au Québec. Le gouvernement n’a pas assez d’argent pour ça, mais laisser passer un dossier comme ça (...) Ce n’est pas acceptable!», déplore-t-elle.
 
Mme Ouellet juge que la révision demandée par le gouvernement doit être expliquée «publiquement».
 
«Il se crée un monopole qui n’aide pas beaucoup à la saine concurrence», dénonce la députée.