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Blocus de la 138: La tension monte sur la Côte-Nord

Les manifestations pourraient se concentrer au chantier de la Romaine dans les prochaines heures, alors que le blocus de la 138 à Sept-Îles a été démantelé vendredi matin.
Photo courtoisie, Facebook Les manifestations pourraient se concentrer au chantier de la Romaine dans les prochaines heures, alors que le blocus de la 138 à Sept-Îles a été démantelé vendredi matin.

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La tension a monté dans les dernières heures sur la Côte-Nord avec l’inaction du gouvernement face au mécontentement des travailleurs, qui réclament plus d’embauche sur les chantiers locaux : le leader syndical Bernard «Rambo» Gauthier ignore quelle tournure prendra la suite des choses, mais se dit «inquiet» et «angoissé», alors qu’Hydro-Québec a demandé, vendredi matin, une injonction interlocutoire contre les manifestants.

Les blocus de la route 138 ont été démantelés à Sept-Îles et à Pessamit, vendredi, mais celui au chantier de La Romaine se poursuivait toujours.

Toutefois, Hydro-Québec a réclamé, en avant-midi, une injonction interlocutoire de la Cour supérieure ordonnant aux manifestants de laisser libre circulation vers le chantier de La Romaine.

«C’est certain que c’est une situation que l’on juge préoccupante, lorsque les travailleurs sont mobilisés, qu’ils ne peuvent se rendre sur le chantier», a commenté au Journal, Serge Abergel, porte-parole d’Hydro-Québec.

La société d’État s’attend à ce que les événements des derniers jours aient des conséquences sur son chantier hydroélectrique.

«Il va y avoir des impacts, on est à les évaluer. Il est encore tôt dans l’événement, mais plus il va perdurer, plus la situation pourrait devenir préoccupante», a fait savoir M Abergel. Hydro-Québec espère une réponse officielle à demande d’ici la fin de la journée. Elle précise par ailleurs que 46% des 2375 travailleurs à l’œuvre sur le chantier de La Romaine sont des Nord-Côtiers.

«Il va arriver de quoi»

Le représentant syndical de la FTQ-Construction, qui est à l’origine de ces moyens de pression affirme avoir «perdu le contrôle» pour la suite des choses.

«La colère gronde solide. À un moment donné, je peux faire un bout, mais il y a un bout que je ne peux plus faire. Ils sont vraiment écœurés. Et il y a une frustration, on la sent», a-t-il dit au Journal, au lendemain du début des manifestations.

«Je pense que ça va «upgrader »pas mal. Nous autres (la FTQ) ont ne sera plus de la partie là-dedans. Ils vont se rencontrer dans un garage, pis ils vont faire leurs affaires», a illustré Rambo.

La réaction du gouvernement provincial serait loin d’avoir contenté les manifestants, qui estiment qu’ils ne travaillent pas suffisamment sur les chantiers locaux de la Côte-Nord.

«D’après moi, il ne se fera plus rien de jour. Ça va être des coups ciblés et hypocrites...d’après moi. Il va arriver de quoi. J’essaye de me mettre dans leur peau, ça va être malade. Tu ne peux pas te foutre d’une communauté comme ça, sans avoir des conséquences. C’est impossible. Il y en a qui n’ont rien à perdre là-dedans, ça fait longtemps qu’on les retient», a-t-il souligné.

Appel au calme

Le ministre responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, a lancé un appel au calme via un communiqué, jeudi, en rappelant que, selon les données de la Commission de la construction du Québec (CCQ), les travailleurs nord-côtiers qui ont travaillé sur la Côte-Nord ont effectué 91% de leurs heures travaillées dans leur propre région en 2014. «Ils se cachent toujours derrière leurs statistiques, pis «c’est des menaces», pis maudit caliss...», a lancé Bernard Gauthier, visiblement exaspéré.

Selon lui, quelque 80 manifestants sont attendus aujourd’hui au chantier Romaine. Les députés de la Côte-Nord, Lorraine Richard et Marjolain Dufour ont demandé une rencontre d’urgence avec le ministre du Travail Sam Hamad et le ministre responsable de la Côte-Nord Pierre Arcand, ainsi que les syndicats et différents élus locaux, afin de dénouer l’impasse. La rencontre pourrait avoir lieu mardi.