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Fêter le Canada?

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Aujourd’hui, c’est la fête du Canada. Est-ce qu’il y a raison de fêter? Sans égard aux opinions politiques, il y a une réalité historique qui vient briser la fête: économiquement, la formation du Canada n’a pas aidé le Québec ni les provinces maritimes.

Aujourd’hui, c’est la fête du Canada. Est-ce qu’il y a raison de fêter? Sans égard aux opinions politiques, il y a une réalité historique qui vient briser la fête: économiquement, la formation du Canada n’a pas aidé le Québec ni les provinces maritimes.

À l’aube du 1er juillet 1867, une portion significative de l’économie du Québec était tournée vers le commerce international – un fait partagé (à un degré plus fort) par les provinces maritimes. L’Ontario était principalement tourné vers l’intérieur du continent. Les débuts du Canada se sont centrés en partie autour de cette division. Il y avait un débat important entre les protectionnistes (tournés vers l’intérieur du continent) et les libre-échangistes (ceux qui préconisaient une libéralisation des échanges internationaux).

À travers des manœuvres politiques et des alliances politiques particulières, le camp protectionniste l’a plutôt emporté. Ces derniers ont contribué à dresser d’importantes barrières commerciales.

Les tarifs douaniers étant des taxes, ils augmentent les prix pour les consommateurs tout en réduisant l’incitation des producteurs à innover. L’estimation le plus conservatrice de la perte économique se situe entre 0,7 % et 1,5 % du revenu moyen par habitant alors que certains grimpent jusqu’à 8 %.

Les recensements démontrent une croissance décevante de la productivité des entreprises relativement aux pays industrialisés. Les provinces maritimes ont été plus perdantes et on a des raisons de croire que cette politique a été nocive pour le Québec.

Ces politiques ont alimenté une portion appréciable de la grande migration d’environ un million de Canadiens français vers les États-Unis. Dans les Maritimes et au Québec, plusieurs industries tournées vers le commerce international – notamment la construction maritime – se sont mises à décliner alors que les prix pour les consommateurs ont augmenté (notamment les produits textiles).

Déterminer l’ampleur des effets du protectionnisme pour chacune des provinces canadiennes constitue un débat d’importance pour les historiens économiques. Toutefois, il demeure clair qu’au cours des quatre premières décennies de la fédération, la croissance économique du Québec a été inférieure à celle de l’Ontario et presque à égalité avec les provinces maritimes.

Il est intéressant d’imaginer un Québec qui aurait fait son bout de chemin seul, adoptant une politique libre-échangiste dès les années 1860.

Le résultat aurait probablement été très différent et il est fort raisonnable de croire qu’un Québec (tout comme les Maritimes) sans le Canada aurait été plus riche en 40 ans après 1867 et peut-être même aujourd’hui...