/lifestyle/food
Navigation

Petite dégustation entre amis

Coup d'oeil sur cet article

Bien sûr, la technique de dégustation est à la portée de tout amateur qui décide un jour de s’intéresser sérieusement au vin. Mais après ?

Je veux dire une fois qu’on a maîtrisé la technique, qu’on a appris à tirer un début d’information sur le vin en regardant sa robe, qu’on a appris à le humer, à en analyser les arômes, puis à le faire rouler dans sa bouche en s’attardant sur ses composantes que sont le fruit, l’acidité et les tannins, que retient-on finalement de la dégustation?

La finalité de la dégustation d’un vin est d’avoir une bonne idée de sa qualité, mais comment juger de cette qualité, justement?

Oui, par son équilibre fruit-tannins-acidité, par sa texture, par la qualité de son élevage en barriques le cas échéant, mais encore?

Car il y a des vins qui, jusqu’à un certain point, échappent à ces critères théoriques d’appréciation.

Comme les barolos, par exemple, construits sur l’acidité et les tannins; les châteauneufs-du-pape et les vins du Priorat, résolument marqués par une vinosité importante et un corps imposant; ou alors les vins de Sangiovese dont les tannins sont presque toujours un peu rugueux en jeunesse.

Ou en blanc, les chablis, dont la tension apportée par l’acidité en jeunesse peut-être déroutante, et je ne parle même pas des vins hors-norme comme ceux de Quintarelli dans le Veneto, par exemple, ou des frères Foucault dans la Loire, etc.

Dans tous ces cas, il est évident que la notion d’équilibre, censée être théoriquement la clef pour juger de la qualité d’un vin, s’applique peu ou prou, sinon «différemment».

Les clefs

Alors, comment juger ces vins ? L’autre jour, alors que je goûtais avec des amis et nos (grands) enfants, c’est justement la question que l’un d’eux m’a posée.

En ajoutant ceci : «Après toutes ces années à goûter, qu’est-ce que tu regardes ultimement dans un vin, qu’est-ce qui te fait dire que ce vin se démarque, qu’il est bon ?»

Tout est relativement subjectif dans l’appréciation d’un vin, mais en ce qui me concerne, au-delà donc des critères d’appréciation précédemment nommés, c’est la netteté d’ensemble, la clarté du propos, si je peux dire, la précision avec lequel s’exprime le fruit, donc le vin, qui importent.

Avec les jeunes vins, la notion de fruit frais (pas le légume!) me semble incontournable aussi, tandis qu’avec les vins plus vieux, même si on n’est plus sur le jeune fruit, la notion de fraîcheur doit toujours être présente.

Quant aux vieux vins, on entre là dans une autre dimension sur laquelle je reviendrai, un jour.

Netteté, précision, fraîcheur sont les notions clefs.

C’est quand s’ajoutent à cela la profondeur, la finesse, l’élégance, et cette espèce de paradoxe où une apparente légèreté semble fusionner avec la structure et la densité du vin, qu’on sépare les bons vins des grands vins.

Et surtout, surtout quand vient s’ajouter en grande finale une longueur d’enfer, c’est-à-dire cette persistance en bouche, une fois le vin avalé, des grandes qualités de ce beau tableau d’ensemble.

Oui, c’est la «queue de paon», comme disaient les vieux.

Dégustation

J’ai justement un vin ici qui, à mon sens, illustre bien mon propos, d’autant que c’est un vin relativement modeste :

♦ Mondeuse « La Sauvage » 2013, Vin de Savoie, Domaine Pascal et Annick Quénard (25,25 $): joliment épicé (on dirait qu’on a donné un «tour» de moulin à poivre blanc au moût ; je niaise), plus près cette fois de la syrah que du gamay, contrairement à d’autres mondeuses, encore que la gouleyance y soit aussi, mais avec un peu plus de structure ; c’est net, franc, frais, plaisant, irrésistiblement bon.

♦ Les Peyrouzelles 2013, Gaillac, Causses Marines (21,75 $): au nez, on reste sur le poivre blanc, encore ici, avec un peu d’épices, poivre et épices qui nous suivent en bouche; peu corsé, plutôt léger même, c’est un vin digeste, coulant, tout en plaisir. Un vrai beau vin d’été.

♦ Barbera d’Alba 2013, Silvio Grasso (23,70 $): je parlais un peu plus haut de ces vins dont il faut apprendre à apprivoiser l’acidité pour les apprécier à leur juste valeur. En voici un, encore que l’acidité soit enrobée par un joli fruit. Et ici aussi on a un tableau d’ensemble qui est relativement net. À table, sur des pâtes avec une sauce tomate ou avec la pizza, on n’a qu’un mot en bouche: Bingo !

♦ Volver 2012 Single Vineyard, La Mancha (22,95 $): voilà un de ces vins qui, soit en raison de leur constitution naturelle ou de leur typicité apportée par un savoir-faire empirique, peuvent être déroutants; comme beaucoup d’autres vins espagnols traditionnels, le côté boisé épicé est bien présent ; la bouche est large, ouverte, profonde, avec des notes comme de porto en finale, ce qui donne une impression de légère sucrosité, mais le vin est parfaitement sec ( 2 g/L). Un vin imposant, savoureux, plus élégant que ses 15% ne le laissent prévoir.

Vin plaisir

Pour offrir ou se faire plaisir

Saint-Aubin 2012 1er Cru Sur Gamay [★ ½ | $$$$ ]

Photo courtoisie

Jaffelin,

13 %, France

Type : vin blanc

Code : 12602877

Prix : 42,25 $

On aura compris que le nom de Gamay n’a ici rien à voir avec le cépage, mais bien avec le hameau du même nom qui est situé dans la commune de Saint-Aubin. Le nez et la bouche sont encore marqués à ce stade par un boisé assez appuyé, issu d’un élevage de qualité. Le vin a du corps, du gras, c’est ample et profond et même si le vin gagnera à faire encore une à deux années de cave, il apportera dès maintenant une autre dimension à votre homard.


Mondeuse « La Sauvage » 2013 [★ | $$$ ]

Vin de Savoie, Domaine Pascal et Annick Quénard,

12 %, France

Prix : 25,25 $

Code : 10884671


Barbera d’Alba 2013 [★ ½ | $$ ½ ]

Silvio Grasso,

13 %, Italie

Prix : 23,70 $

Code : 11580080


Les Peyrouzelles 2013 [★ | $$ ½ ]

Gaillac, Causses Marines,

14 %, France

Prix : 21,75 $

Code : 00709931


Volver 2012 Single Vineyard [★ | $$ ½ ]

La Mancha, Bodegas Volver,

15 %, Espagne

Prix : 22,95 $

Code : 11387327


★ Correct

★★ Bon

★★★ Très bon

★★★★ Excellent

★★★★★ Exceptionnel

Plus d’étoiles que de dollars: vaut largement son prix.

Autant d’étoiles que de dollars: vaut son prix.

Moins d’étoiles que de dollars: le vin est cher.

www.saq.com

514-254-2020, 1 866-873-2020