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Porter est bien mort selon un employé de la morgue

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Le nom d’Arthur Porter a bel et bien été inscrit au registre de la morgue de l’hôpital où on traitait son cancer, mais les autorités québécoises et canadiennes jugent tout de même nécessaire de déléguer des policiers au Panama pour confirmer le décès de l’ancien patron corrompu du CUSM.

Le nom d’Arthur Porter a bel et bien été inscrit au registre de la morgue de l’hôpital où on traitait son cancer, mais les autorités québécoises et canadiennes jugent tout de même nécessaire de déléguer des policiers au Panama pour confirmer le décès de l’ancien patron corrompu du CUSM.

«Il est mort», a tranché hier Edouard Rosas, l’employé de la morgue qui a signé le «registre de réception des cadavres» du centre d’oncologie national du Panama après avoir transporté le corps.

L’employé a laissé un collaborateur de notre Bureau d’enquête photographier l’entrée manuscrite qu’il avait lui-même faite la veille dans le grand livre officiel du centre de l’Institut d’oncologie national.

Les noms d’un médecin du centre et d’une infirmière apparaissent aussi sur le certificat d’identification du cadavre dont nous avons obtenu copie.

Mais il ne s’agit pas de leurs signatures. Le nom d’Arthur Porter comporte aussi une faute d’orthographe («Arthur Potter») sur les deux documents.

Jointe à son domicile de Panama City hier soir, la docteure Lois Victoria Gonzalez (dont le nom apparaît sur le certificat d’identification) a refusé de confirmer quoi que ce soit à notre Bureau d’enquête. Elle nous a raccroché la ligne au nez après un silence de trois secondes suivant notre question, à savoir si elle avait bien vu le corps d’Arthur Porter.

Elle nous a demandé de rappeler à son bureau aujourd’hui. Pour sa part, l’infirmière du centre n’a pas répondu à notre message sur Facebook.

La théorie du complot s’amplifie

Quoi qu’il en soit, différents éléments d’information obtenus hier n’ont rien fait pour dissiper les doutes entourant le décès d’Arthur Porter, un des grands cerveaux présumés de la plus importante fraude dans l’histoire du Canada:

♦ L’Unité permanente anticorruption de la Sûreté du Québec a délégué deux enquêteurs au Panama, qui arriveront là-bas ce matin pour confirmer le décès. Un agent de liaison de la Gendarmerie royale du Canada y sera aussi.

«L’UPAC n’a pas reçu la preuve exigée pour valider l’authenticité du corps. Il nous apparaît donc essentiel et prioritaire d’obtenir rapidement cette preuve afin de donner les suites appropriées aux importantes accusations de fraude, de complot et de recyclage des produits de la criminalité qui pèsent contre lui», a déclaré le commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière, dans un communiqué.

♦ Joint par notre Bureau d’enquête, le principal médecin qui traitait Arthur Porter, le Dr Karol Sikora, a admis se trouver en Grande-Bretagne et ne pas avoir vu le cadavre de son patient. C’est lui qui aurait annoncé le décès à l’auteur de la biographie de Porter, Jeff Todd, celui qui a été le premier à annoncer sa mort.

♦ Un codétenu à la prison de La Joya, où Porter était emprisonné en attendant sa déportation au Canada, a confié à notre Bureau d’enquête hier que son corps allait être incinéré aujourd’hui et qu’un test d’ADN avait été pris sur le corps de Porter.

♦ Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a expliqué hier qu’il n’était pas question de mettre fin au processus judiciaire contre Porter sans obtenir la certitude du décès, ce qui n’était pas le cas hier.

♦ C’est sans compter que le médecin qui a signé le certificat de décès de Porter, le Dr Roberto Lopez, chef du service de cancérologie à l’Instituto Oncologico Nacional de Panama, a reconnu ne pas avoir vu lui-même le cadavre. Le Dr Sikora a soutenu hier au téléphone que ce fait était pour le moins «inhabituel».

— Avec la collaboration de Sarah Sanchez

 

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