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Le vélo? Ça déménage!

Le vélo, pour plusieurs, est plus qu’un simple moyen de transport. C’est une façon de vivre la ville

Le vélo? Ça déménage!
Illustration Benoit Tardif, colagene.com

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Vous l’avez certainement remarqué, il y a de plus en plus de vélos à Montréal. Pas qu’à Montréal d’ailleurs. Dans de nombreux pays, la bonne vieille bicyclette est l’un des agents de changement de ce début de 21e siècle.

Vous l’avez certainement remarqué, il y a de plus en plus de vélos à Montréal. Pas qu’à Montréal d’ailleurs. Dans de nombreux pays, la bonne vieille bicyclette est l’un des agents de changement de ce début de 21e siècle.

Montréal compte 680 km de voies cyclables. À force, ce réseau mal planifié finira par ressembler à quelque chose... Il faudrait encore améliorer l’accès au Vieux-Port et au Marché central. Repenser le partage de ­l’espace public sur le chemin Queen-Mary. Aménager un nouvel axe nord-sud cyclable vers le centre-ville. Bref, aménager un ­réseau plus complet et offrir aux cyclistes un environnement plus sécuritaire.

Mais ce n’est pas tout d’étendre le réseau, il y a la manière... L’aménagement de la piste du tunnel du boulevard Saint-Laurent, ­entre Bernard et Bellechasse, en témoigne. Un chantier interminable. Du travail mal fait. Un entêtement contre-productif. Que gagne-t-on à ignorer les commentaires des usagers? Rien.

N’empêche, on progresse. Et tant mieux parce que le vélo, pour plusieurs, est plus qu’un simple moyen de transport. C’est une façon de vivre la ville. La mienne notamment.

Au fil des initiatives, le tissu ­urbain s’imprègne de la culture vélo. Vous voulez des exemples? L’arrivée des vélos-cargos danois conçus pour permettre aux parents de pédaler en gardant un œil sur leurs enfants. Et que dire des jardiniers à bicyclette ou de ce café mobile conçu pour moudre en pédalant! «Vous me dites quand freiner!»

Services à vélo

Dans une quinzaine de municipalités du Québec, grâce à Un vélo, une ville, des décrocheurs offrent des balades gratuites aux aînés. Bonne nouvelle, ce triporteur intergénérationnel est ­arrivé à Sainte-Martine. À Montréal? On y songe.

En revanche, Montréal a sa vélo fruiterie, son vélo fleuriste et même son vélo à 16 places, ­incontournable les jours de fête! De plus, du printemps aux premières neiges, on peut y faire appel à des déménageurs à vélo. Ce service gagne chaque année en popularité, particulièrement dans les quartiers centraux.

Ne ratez pas une occasion d’observer cette nouvelle ­génération de déménageurs. Ils ont de la poigne et du mollet. Avec leurs vélos-remorques, ils parcourent jusqu’à une vingtaine de kilomètres sur l’île de Montréal. Deux remorques suffisent à déplacer une charge de près de 300 kilos. Une cuisinière? Un frigo? Un cactus de plus de deux mètres? Pas de problème! En fait, les cyclo-déménageurs n’excluent que les pianos, à queue ou pas.

Si vous voyez un de ces cyclistes attaquer la côte Berri en remorquant le réfrigérateur industriel à trois portes d’un centre de la ­petite enfance, de grâce, faites une photo! C’est ce que j’aurais dû faire l’autre jour lorsque j’ai vu passer une chaise Adirondack astucieusement accrochée au guidon d’un vélo. Loin de paraître gêné, le cycliste ­pédalait en sifflotant. Apparemment, c’était la chose la plus naturelle du monde!

Remarquez, au rayon déménagement, nous n’avons rien inventé. En Chine, en Inde ou au Vietnam, on transporte parfois des cargaisons spectaculaires à bicyclette! C’est le seul mode de transport qui s’offre à eux. Nous avons encore le choix...

Autant l’admettre, nos villes changent. On les voudrait plus intelligentes. On peut aussi les rendre plus humaines. Moins de tôle et de monoxyde de carbone. Davantage de gens en santé et des rues plus sécuritaires. Appelons ça un choix de société.