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Violence conjugale : accusé d'avoir tenté de la tuer après avoir juré à la cour qu'il avait changé

André Blette
Photo facebook André Blette avait pourtant juré qu’il avait changé.

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Deux mois seulement après avoir juré à la cour qu’il ne frapperait plus sa femme, un Montréalais est maintenant accusé d’avoir tenté de la tuer au couteau.

«Elle n’aura plus jamais de trouble, elle ne me reverra jamais», avait pourtant juré André Blette devant un juge de la cour municipale de Montréal en mai dernier, alors qu’il plaidait coupable d’avoir violemment battu sa conjointe deux fois en cinq mois.

Les regrets de l’homme de 52 ans paraissaient sincères, et une juge avait accepté de le condamner à trois mois de prison à purger deux jours par semaine, ainsi que d’une probation de trois ans.

Plusieurs mois avant d’être poignardée, Nathalie Warren avait été victime de violence conjugale, comme en témoignent des photographies déposées à la cour.
Photo courtoisie
Plusieurs mois avant d’être poignardée, Nathalie Warren avait été victime de violence conjugale, comme en témoignent des photographies déposées à la cour.

Lorsqu’il a été arrêté de nouveau dimanche dernier, Blette n’avait pas fini de purger cette peine écopée pour avoir battu sa conjointe, Natalie Warren, dans un bar en décembre dernier, en plus de l’avoir étranglée quatre mois plus tard tout en la traînant au sol et en lui disant qu’elle allait mourir.

«J’ai eu le temps de penser, je regrette énormément, avait-il pourtant assuré à la cour. J’ai pu faire des erreurs, mais j’aimerais [continuer à travailler] pour payer mes comptes, pour me nourrir.»

Parole brisée

Blette n’aurait toutefois pas tenu parole longtemps. Pas plus tard que dimanche, il a été arrêté pour avoir poignardé sa conjointe en pleine rue, lors d’une dispute.

«La victime a été transportée à l’hôpital, mais sa vie n’est pas en danger», a expliqué l’agente Anie Lemieux de la police de Montréal.

Blette, qui détient plusieurs antécédents en matière de violence conjugale, a renoncé ce mardi à être remis en liberté sous caution.

André Blette
Photo courtoisie

 

Protéger les femmes

Pour la responsable du soutien clinique de SOS Violence conjugale, la situation de Blette montre qu’il y a encore du travail à faire dans le domaine.

«Tout le monde travaille du mieux qu’il peut, mais ça prend des ressources, explique Claudine Thibaudeau. Il faudrait trouver un moyen d’assurer la sécurité des victimes.»

André Blette
Photo courtoisie

Car même si la cour interdit à un accusé de contacter sa victime, il peut être parfois difficile de s’assurer que l’ordre est bien respecté.

«Une ordonnance, ce n’est pas magique, souligne Mme Thibaudeau. Beaucoup de choses ont été faites, mais il faut en faire plus. Ça passe par la sensibilisation et la prévention, pour faire changer les mentalités.»

  • SOS Violence conjugale peut être contacté au 1-800-363-9010.