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Congrès sur l'obésité abdominale: l'épidémie d'obésité et de diabète progresse toujours au pays

Le kinésiologue Jean-Pierre Després, directeur scientifique de la Chaire internationale sur le risque cardiométabolique affiliée à l'Université Laval
Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc Le kinésiologue Jean-Pierre Després, directeur scientifique de la Chaire internationale sur le risque cardiométabolique affiliée à l'Université Laval

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Au Canada, même si l'on enregistre des gains au niveau des maladies cardiovasculaires, tout n'est pas gagné puisque l'épidémie d'obésité et de diabète progresse toujours.

Tel est le constat fait, mercredi, par des chercheurs de pointe au pays, lors du 5e Congrès international sur les maladies cardiométaboliques chroniques sociétales.

«Cela ne va pas trop bien. La situation n'est pas rose, mais il y a de l'espoir», résume le kinésiologue Jean-Pierre Després, directeur scientifique de la Chaire internationale sur le risque cardiométabolique affiliée à l'Université Laval.

La Chaire est l'hôte de ce congrès qui réunit jusqu'à dimanche quelque 300 experts venus d'une quarantaine de pays. «En terme d'hospitalisation, on fait un peu mieux au Canada, depuis les dernières années. Les infarctus sont en baisse de 6% et les AVC, de 8%, sauf que l'obésité et le diabète continuent à augmenter en prévalence. On ne gagne pas de terrain», dénote le chercheur.

Les résidents des provinces Maritimes sont fortement touchés, tandis que ceux de la Colombie-Britannique affichent les plus bas taux d'obésité et de diabète au pays. «Au Québec, on se situe entre les deux. La bonne performance de la Colombie-Britannique est due à une combinaison de plusieurs facteurs, dont un environnement plus propice à un mode de vie plus sain», remarque M. Després.

Communautés autochtones

Une diabétologue de l'Université de Toronto est venue exposer l'impact de l'environnement bâti sur les maladies chroniques sociétales. Selon cette chercheure, dans les quartiers propices à la marche, la relation est claire avec la prévalence moindre de diabète.

Une expérience menée auprès de grosses communautés autochtones au Manitoba, afin de réduire l'obésité et le diabète, a porté fruits. «Ils se sont inspirés des valeurs de ces peuples pour encourager des comportements plus compatibles à leur santé. La communauté médicale privilégie une approche plus holistique de la santé», commente Jean-Pierre Després.

Selon lui, les gens se font dire de manger mieux et de bouger davantage, mais ce n'est pas suffisant. «Il faut regarder là où les gens vivent, leur niveau d'éducation et de revenu, afin de pouvoir faire des recommandations adaptées à leur réalité. Les médecins ont besoin de s'entourer d'autres professionnels de la santé, nutrionnistes, kinésiologues, pour se donner les moyens d'écouter la perspective des patients», observe M. Després.