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Nautilus Plus part en guerre contre le gouvernement

Le réseau de centres d’entraînement dénonce ses concurrents, mais il a lui-même été condamné à payer 6042 $ l’an dernier pour des publicités incomplètes.
Photo chantal poirier Le réseau de centres d’entraînement dénonce ses concurrents, mais il a lui-même été condamné à payer 6042 $ l’an dernier pour des publicités incomplètes.

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Nautilus Plus vient d’engager un lobbyiste pour tenter de convaincre le gouvernement d’agir contre les pratiques de ses concurrents, qui mettraient en danger l’avenir de ses centres d’entraînement.

Nautilus Plus en a marre de ses concurrents qui contreviennent à la loi. Et il en a marre de l’Office de la protection du consommateur (OPC), qui selon lui ne fait pas appliquer la loi. C’est pourquoi le réseau de 41 centres d’entraînement vient de sortir l’artillerie lourde en engageant un lobbyiste professionnel pour qu’il intervienne auprès du gouvernement.

Concurrence déloyale

Toute entreprise qui veut tenter d’influencer le gouvernement doit s’inscrire au Registre des lobbyistes du Québec.

Dans cette inscription, Nautilus Plus parle d’une «concurrence déloyale particulièrement sévère» qui a pour effet de «mettre son avenir en péril».

L’entreprise dit avoir contacté l’OPC à de nombreuses reprises pour se plaindre de centres de conditionnement physique concurrents qui font signer des contrats de plus d’un an, qui perçoivent des montants avant d’offrir le service et qui proposent des contrats et des publicités incomplètes, autant d’actes illégaux selon la loi.

Le président de Nautilus Plus, Richard Blais, se disait indisponible cette semaine pour en discuter avec Le Journal. Selon la directrice des communications, M. Blais serait le seul à pouvoir parler de ce sujet.

Nautilus Plus a toutefois trouvé du temps la semaine dernière pour rencontrer l’OPC afin de discuter de ce dossier.

Pour l’instant, les attaques de Nautilus Plus semblent laisser l’OPC de marbre.

«Ce n’est pas un secteur qu’on néglige, loin de là», assure Charles Tanguay, responsable des relations avec les médias.

L’Office a démarré des enquêtes ayant permis de mettre à l’amende 41 centres de santé depuis deux ans.

Dans la plupart des cas, l’entreprise a été condamnée pour ne pas avoir eu le permis obligatoire, qui permet entre autres de dédommager les clients en cas de fermeture inopinée.

De plus, les inspecteurs de l’Office viennent de réaliser un programme de surveillance qui a permis de visiter 150 centres de santé pour vérifier s’ils étaient conformes avec la loi. Des accusations pourraient bientôt être portées contre plusieurs de ces centres.

Nautilus condamné

Mais Nautilus Plus n’en démord pas: des concurrents choisissent de violer la loi «plutôt que de chercher à se distinguer par une offre de services novateurs pour attirer les consommateurs».

Ironiquement, Nautilus Plus a lui-même été condamné l’an dernier à verser une amende de 6042 $ pour des pubs incomplètes qu’il reproche à ses concurrents.

«C’est assez fréquent qu’une entreprise qui a reçu une amende cherche à obtenir le même sort pour ses concurrents», dit Charles Tanguay.

Depuis un an, 17 plaintes ont aussi été déposées contre 13 des 41 Nautilus Plus.


Protéger les clients
 
Les fermetures de centres de santé sont fréquentes, laissant en plan des clients ayant payé leur forfait. C’est pour cette raison que l’OPC leur impose d’avoir un permis. Chaque centre doit ensuite déposer 15 000 $ à l’OPC pour dédommager les clients en cas de fermeture. 
 
Les secteurs qui doivent avoir un permis de l’OPC
 
1 Agents de recouvrement
2 Agents de voyages
3 Commerçants itinérants
4 Prêteurs d’argent
5 Studios de santé
6 Vendeurs de garanties automobiles