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UberX: apologie de l’immobilisme

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À l’initiative du gouvernement du Québec, une rencontre a eu lieu mercredi dernier avec les différents intervenants du milieu du taxi pour discuter de l’avenir de cette industrie moribonde.

À l’initiative du gouvernement du Québec, une rencontre a eu lieu mercredi dernier avec les différents intervenants du milieu du taxi pour discuter de l’avenir de cette industrie moribonde.

Derrière les portes closes, on imagine que les participants devaient être à l’étroit en raison de la présence d’un immense éléphant dans la pièce: UberX.

Ah UberX! Responsable de tous les maux de la planète! On nous dira bien que le sujet a occupé seulement cinq minutes dans l’ensemble des discussions, mais ne soyons pas dupes. Pas d’UberX, pas de rencontre.

Attitude consternante

L’attitude du gouvernement à l’endroit de cette compagnie, dont la valeur est évaluée à 40 milliards de dollars, est consternante. UberX, c’est l’avenir du transport des personnes. C’est l’évolution de la technologie qui vient redéfinir nos habitudes. Comme le cellulaire à une époque, l’internet à une autre ou le iPad il y a quelques années à peine.

La voix du gouvernement dans ce dossier, Robert Poëti, fait preuve d’une arrogance et d’un mépris hors du commun. Le ministre des Transports tonne haut et fort qu’il s’agit d’une concurrence déloyale et illégale. Foutaise. La réalité est que la législation entourant l’industrie du taxi n’a pas été revue depuis 2001. Vous imaginez? Près d’une quinzaine d’années. C’est immense quand on pense à la vitesse à laquelle les différentes technologies ont évolué depuis ce temps.

Au lieu de se dire qu’il faudrait rapidement revoir la réglementation pour encadrer les services comme ceux offerts par UberX, on se complaît dans la désuétude.

Au lieu de se dire qu’il faudrait rapidement revoir la réglementation pour encadrer les services comme ceux offerts par UberX, on se complaît dans la désuétude. Que fait le gouvernement? Il saisit les véhicules des gens qui tentent de se faire des sous en offrant un service qui, de surcroît, répond à un besoin et est apprécié des gens. Le ministre se targue d’avoir déjà fait confisquer plus de 250 véhicules. Il faut croire que monsieur Poëti est convaincu que la coercition fera son œuvre.

Nivellement par le bas

L’irritant le plus marquant dans cet immobilisme réside dans cette manie que nous avons au Québec à niveler par le bas. UberX est pourtant un outil formidable pour tirer toute l’industrie vers le haut, vers l’établissement de nouveaux standards de qualité. Utilisation des dernières technologies, indépendance accrue des chauffeurs, évaluation de la satisfaction par rapport au service reçu par chaque client.

Même les chauffeurs peuvent évaluer leur client. Ainsi, un client impoli et déplacé peut se voir interdire l’utilisation du service pour une certaine période de temps.

Imaginez, une des conclusions de la rencontre tenue il y a quelques jours est que les taxis devraient songer à étendre à l’ensemble des chauffeurs le paiement par carte de crédit! C’est absolument incroyable.

J’entends déjà certaines personnes me dire qu’il n’y a pas qu’ici qu’Uber rencontre des obstacles, en France par exemple. Justement. Nous aimons tellement nous vanter au Québec que nous sommes des précurseurs qu’il y a là une belle occasion d’être non pas au-devant de la parade (Uber œuvre dans quelques centaines de pays déjà), mais juste dans la parade.

Pour ce qui est de la valeur des permis de taxi, demandez donc aux propriétaires de clubs vidéo ce qu’ils en pensent... On appelle ça l’évolution.

 

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