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L’erreur d’une pharmacie prive un enfant d’une assurance

Dany Houde et Laura Simard souhaitent toujours obtenir une compensation de la pharmacie qui a fait l’erreur de donner de la méthadone plutôt que de l’eau à leur fille Renesmée.
Photo Amélie St-Yves Dany Houde et Laura Simard souhaitent toujours obtenir une compensation de la pharmacie qui a fait l’erreur de donner de la méthadone plutôt que de l’eau à leur fille Renesmée.

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TROIS-RIVIÈRES | Un bébé qui a fait une surdose de méthadone en raison de l’erreur d’une pharmacie ne peut plus être assuré par ses parents en raison du risque qu’il comporte.

La mère de l’enfant, Laura Simard, a contacté quatre compagnies d’assurances différentes et aucune ne veut prendre le risque d’assurer l’enfant, dont les séquelles à long terme ne sont pas encore connues.

«On me dit que ma fille est à risque trop élevé. Pourtant, ce n’est pas de notre faute. Ce n’est pas de la négligence de notre part, mais l’erreur d’une pharmacie. On veut juste une assurance au cas où il arriverait quelque chose à notre enfant, pour payer les frais funéraires. Je trouve ça ridicule d’être refusée», a indiqué la mère de famille.

Arrêts cardiaques

Le 8 mars 2014, Renesmée Simard-Houde a fait une surrdose de méthadone, un substitut de l’héroïne que l’on donne aux toxicomanes en désintoxication. Un technicien d’une pharmacie a mis de la méthadone au lieu de l’eau dans une solution pour soigner une otite du bébé, qui avait alors six mois.

Le bébé avait reçu 60 mg de méthadone par voie orale. Notons que 50 mg peuvent s’avérer mortels pour un adulte.

« On m’a même dit de prendre des préarrangements funéraires au lieu d’une assurance » – Laura Simard

Après avoir ingurgité le médicament, Renesmée, qui a maintenant 22 mois, a fait deux arrêts cardiaques et a été réanimée chaque fois par ses parents. Elle est restée dans le coma pendant quatre jours.

Risque à long terme

Depuis sa surdose, Renesmée a subi une batterie de tests qui montrent qu’elle n’a pas de séquelles neurologiques. Mais les séquelles à long terme sont toujours inconnues. «Elle pourrait, par exemple, faire de l’asthme ou de l’apnée du sommeil. Pour l’instant, on ne le sait pas», a indiqué Mme Simard.

Ce sont ces risques à long terme qui inquiètent les compagnies d’assurances qui refusent d’avoir la fillette comme cliente. «On m’a même dit de prendre des préarrangements funéraires au lieu d’une assurance vie», a raconté Mme Simard.

Dans leur droit

La porte-parole de l’Association canadien­ne des compagnies d’assurance de personne, Claude Di Stasio, affirme que le risque est jugé trop important pour assurer l’enfant. «L’événement est trop récent. Les risques d’un accident sont trop importants. Mais les parents pourront faire une nouvelle demande d’assurance dans quelque temps, lorsque les risques se seront atténués», a mentionné Mme Di Stasio.

Elle se souvient du cas d’un toxicomane qui a dû attendre cinq ans après être allé en désintoxication avant d’être admissible à une assurance vie. «Ce n’est pas une question d’âge, mais une question de risques», a indiqué Mme Di Stasio.