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Grexit !

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L’euro est sauf, pour le moment. La Grèce a accepté les termes de l’entente proposée par la communauté européenne. Il s’agit d’un nouvel échec qui se concrétisera dans les années à venir.

L’euro est sauf, pour le moment. La Grèce a accepté les termes de l’entente proposée par la communauté européenne. Il s’agit d’un nouvel échec qui se concrétisera dans les années à venir.

Lors de son admission dans l’euro, le gouvernement grec a réalisé que ses décisions budgétaires avaient peu d’effets sur l’ensemble de la zone euro. Alors, autant emprunter. Pourtant, une des règles de l’euro consistait à maintenir des déficits minimes – une règle que la Grèce a admis avoir violée.

Dès le début, la fragilité de l’euro était admise, c’est pourquoi ces règles avaient été conçues. Elles visaient à éviter que le comportement budgétaire d’un pays affecte l’ensemble des autres pays. Mais à quoi imposer des règles si on ne va pas les respecter. Quel manque de crédibilité (surtout que la plupart des pays violent ces règles)! Ce manque de crédibilité a empiré la situation en Grèce tout en fragilisant l’euro.

Les réformes imposées visaient à maintenir la Grèce dans l’euro. Théoriquement, une réduction des dépenses publiques et une libéralisation de plusieurs secteurs de l’économie auraient permis de contenir le problème tout en relançant la croissance. Toutefois, en venant de l’extérieur, ces réformes étaient destinées à échouer. Les politiciens grecs ont implanté des réformes budgétaires reposant principalement sur des hausses de taxes (ventes, revenu, profits, salaires).

Ensuite, ils ont blâmé les mesures d’austérité imposées par l’Europe.

Un problème grec

En réalité, le problème est purement grec! Les institutions grecques sont centrées autour du clientélisme et imposent des rigidités importantes qui accentuent l’effet des chocs économiques. Ainsi, dès qu’il y a un choc, le poids de l’État dans l’économie devient largement insupportable.

On peut comprendre pourquoi, depuis son indépendance au 19e siècle, la Grèce a été en situation de défaut une année sur deux et pourquoi son rattrapage économique a été minime. Néanmoins, en imposant des réformes de l’extérieur, les Grecs ont pu éviter de regarder dans le miroir et ont tout blâmé sur l’Europe. Par conséquent, la situation continue de s’empirer, fragilisant davantage l’euro.

Si la Grèce avait été expulsée de l’euro dès le début de la crise, les réformes seraient provenues de l’intérieur et n’auraient pas causé une résistance aussi forte. La Grèce aurait pu rebondir plus vite et l’euro ne serait pas aussi fragile aujourd’hui. Il aurait été mieux d’opter pour un « Grexit » en commençant au lieu de retarder l’inévitable. L’entente actuelle ne réglera rien.