/finance/news
Navigation

La Caisse de dépôt a 50 ans

Son actif a explosé, passant de 183 millions à près de 226 milliards de dollars

Michael Sabia, patron de la Caisse de dépôt, a souligné que les pères de la Caisse, Jean Lesage et Jacques Parizeau, avaient été avant-gardistes, car une telle institution n’existait pas dans le monde à l’époque.
Photo d’archives Michael Sabia, patron de la Caisse de dépôt, a souligné que les pères de la Caisse, Jean Lesage et Jacques Parizeau, avaient été avant-gardistes, car une telle institution n’existait pas dans le monde à l’époque.

Coup d'oeil sur cet article

Il y a 50 ans aujourd’hui, le 15 juillet 1965, le gouvernement de Jean Lesage adoptait la loi 51 créant la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui allait devenir un outil puissant pour produire des rendements et faire progresser l’économie.

Initialement, l’institution a été mise sur pied pour gérer les fonds du Régime de rente du Québec (RRQ). En cinq décennies, son actif a explosé, passant de 183 millions $ (à la fin du premier exercice), à près de 226 milliards $ l’an dernier. Le gestionnaire de fonds compte maintenant 32 déposants, principalement des régimes de retraite publics et des régimes d’assurance, comme la CSST.

A Aidé le Québec à «s’émanciper»

«La Caisse a aidé le Québec à s’émanciper, à devenir indépendant du milieu financier, en gérant ses propres fonds. Avant, nous étions esclaves du milieu financier, contrôlé par les anglophones», a rappelé Jean Campeau, président de la CDPQ de 1980 à 1990.

À l’origine, la Caisse investissait uniquement dans les obligations. Ensuite, elle a commencé à acheter des actions canadiennes et à investir dans des entreprises. Les investissements étrangers, l’immobilier et les infrastructures se sont greffés plus tard au portefeuille.

L’actuel patron de l’organisation, Michael Sabia, a souligné que les pères de la Caisse, Jean Lesage et Jacques Parizeau, ont été avant-gardistes, car une institution comme la Caisse n’existait pas dans le monde à l’époque.

«Maintenant, il y a plusieurs fonds de retraite, des fonds souverains, des institutions semblables. Leur idée de créer une institution publique pour gérer les épargnes et les actifs d’une collectivité était impressionnante.»

Malgré les échecs

Malgré certains échecs, comme Noranda, Montréal Mode et le PCAA, les équipes qui se sont succédé à la Caisse ont répondu à la demande de Jean Lesage d’utiliser l’institution comme «un levier plus puissant que tous ceux qu’on a eus dans cette province».

«Au fil des ans, la Caisse a fait confiance à beaucoup d’entrepreneurs québécois à qui Toronto ne voulait pas prêter», a souligné Michel Nadeau, ancien vice-président de la CDPQ. Une longue liste d’entreprises a bénéficié de ce soutien: Gaz Métro, Bombardier, Canam, Vidéotron, Alimentation Couche-Tard et bien d’autres.

Actuellement, les investissements québécois atteignent 60 milliards $, le quart de l’actif. «À l’avenir, nous allons investir dans des entreprises québécoises, comme CGI et WSP, qui veulent s’installer à l’extérieur, dans le reste du Canada, aux États-Unis, en Europe, en Asie. Pour sécuriser l’avenir économique des Québécois, nos entreprises doivent se mondialiser», a indiqué M. Sabia.

 

2e caisse de retraite en importance au Canada

  • L’Office d’investissement du RPC: près de 265 G$ au 31 mars 2015
  • Caisse de dépôt: près de 226 G$ au 31 décembre 2014
  • Teachers (Cadillac Fairview): près de 115 G$ au 31 décembre 2014
  • Omers (Oxford): 72 G$ au 31 décembre 2014

 

Rendement annualisé depuis 1966: 8,5 %

  • 21e rang des gestionnaires de fonds dans le monde
  • Actionnaire de 3300 entreprises
  • Au 8e rang des investisseurs immobiliers du monde
 

Moments clés

1965-1975

  • La Loi sur la Caisse de dépôt et placement du Québec est adoptée le 15 juillet.
  • La Caisse se voit confier la gestion des fonds de plusieurs régimes publics de retraite ou d’assurances.
  • Création de son premier portefeuille de placements privés en investissant dans des entreprises québécoises.

1975-2000

  • La Caisse met le grappin sur Ivanhoé Cambridge, le convoité portefeuille des supermarchés Steinberg.
  • En 1996, le groupe immobilier de la Caisse est au premier rang des propriétaires d’immeubles du Québec et au deuxième rang au Canada.
  • La Caisse investit 3,2 G$ pour le rachat de Vidéotron par Québecor.

2000-2015

  • En 2005 et en 2006, la Caisse procède à ses premières acquisitions d’envergure dans les infrastructures en investissant dans des aéroports à l’étranger.
  • La Caisse dévoile des pertes de 40 G$ et un rendement de -25 % sous la direction d’Henri-Paul Rousseau.
  • La Caisse se lance dans le développement et l’exploitation d’infrastructures avec la création de CDPQ Infra.