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Le monde est fou du Cirque du Soleil : Superbe Dommage

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Mariage réussi entre les chansons de Beau Dommage et l’imagination du Cirque du Soleil. Présenté en grande première hier soir à Trois-Rivières, le spectacle Le monde est fou a tout pour plaire. Aucune complainte à avoir. Pas même celle d’un phoque.

Faite sur mesure pour l’Amphithéâtre Cogeco, une salle en plein air de 3500 places au bord du Fleuve Saint-Laurent, cette création de Daniel Fortin exploite bien les infrastructures du nouveau bâtiment. L’action se passe non seulement sur scène, mais dans les allées et au plafond, d’une hauteur vertigineuse.

Plus poétique que spectaculaire, Le monde est fou soulève peu de «ha!» abasourdis, mais offre plusieurs moments d’une grande beauté, comme cet envoûtant ballet aérien sur Montréal. Côté sensations fortes, on peut citer ce couple en patins à roulettes qui virevolte sur Tous les palmiers, en fin de représentation.

Des classiques dépoussiérés

Mise en scène par Jean-Guy Legault, Le monde est fou propose une quinzaine de chansons de Beau Dommage, une véritable machine à tubes dans les années 1970. Legault et son équipe n’ont pas boudé leur plaisir : à quelques exceptions près, tous les grands succès du groupe sont servis aux spectateurs, même 23 décembre, en plein cœur de juillet!

Directeur musical du spectacle, Jean-Phi Goncalves réalise pour sa part un tour de force : réinventer des classiques que tout le monde connaît par cœur sans les dénaturer. Le complice d’Ariane Moffatt, Pierre Lapointe et autres Daniel Bélanger a dépoussiéré les morceaux phares du groupe, renouvelant ainsi notre appréciation de chansons entendues 1000 fois, comme Le pic-bois. À lui seul, son remix du Blues d’la métropole vaut le détour et nous fait rêver au lancement d’une bande originale réunissant toutes ces versions revampées. Même chose pour À toute les fois, revue et corrigée en mode électro.

Le Cirque du Soleil a l’habitude des productions articulées autour du répertoire d’un artiste, ayant déjà pondu des spectacles inspirés des Beatles, Elvis Presley et Michael Jackson. Le monde est fou s’inscrit dans cette lignée gagnante.

Le Cirque n’illustre pas mot à mot chaque pièce de Beau Dommage. Durant La complainte du phoque en Alaska, vous ne verrez personne «faire tourner des ballons sur son nez». Et c’est tant mieux. On va plus loin. On évoque plus qu’on illustre platement, bien qu’Harmonie du soir à Châteauguay présentait effectivement les acrobaties de deux trapézistes «au bout du quai».

Ballroom kitsch

Comme toutes les autres productions du Cirque du Soleil, l’histoire dépeinte sous les projecteurs demeure secondaire. On apprécie Le monde est fou non pas pour sa trame narrative, mais pour ses tableaux. Dans le dernier droit du spectacle, l’esthétique kitsch à souhait de Ginette et Tous les palmiers (dans une version ballroom pas piquée des vers) vous accrochera assurément un sourire au visage.

Deux autres spectacles «hommage» du Cirque du Soleil seront présentés à l’Amphithéâtre Cogeco au cours des prochaines années. Les paris sont ouverts quant aux artistes qui en feront l’objet. Une chose est sûre : Le monde est fou place la barre haute.


Le monde est fou est présenté à l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières jusqu’au 15 août. Jusqu’à présent, 60 % des billets ont trouvé preneurs.