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Politique étrangère anticanadienne

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Le gouvernement conservateur défend les intérêts de certains groupes ethniques avant ceux du Canada. Avec des résultats hallucinants.

Le gouvernement conservateur défend les intérêts de certains groupes ethniques avant ceux du Canada. Avec des résultats hallucinants.

Une partie de la politique étrangère du Canada est devenue une politique au service des intérêts de quelques groupes ethniques. La politique de soutien inconditionnel à Israël et l’accord de libre-échange avec l’Ukraine montrent jusqu’à quel point le gouvernement conservateur est prêt à trahir les intérêts du Canada en échange de quelques votes de communautés ethniques.

Avant le gouvernement de M. Harper, le Canada avait une politique équilibrée au Proche et au Moyen-Orient. Tantôt il appuyait les décisions du gouvernement israélien, tantôt il appuyait celles des pays voisins, au mérite. Ceci valait au Canada une excellente réputation internationale.

Contradiction évidente

Le gouvernement canadien a décidé d’aligner complètement la politique étrangère du Canada sur celle d’Israël, comme si les intérêts du Canada étaient toujours les mêmes que ceux d’Israël. Ce n’est évidemment pas le cas. L’accord intervenu entre l’Iran et les grandes puissances le montre bien.

Le ministre des Affaires extérieures, Rob Nicholson, s’est fendu d’une déclaration creuse selon laquelle le gouvernement canadien allait juger l’Iran par ses actes et non pas par ses paroles et qu’il allait appuyer l’Agence atomique internationale. Bravo! Il aurait été surprenant qu’il dise vouloir juger l’Iran par ses paroles et non par ses actes ou qu’il affirme ne pas appuyer l’Agence atomique...

Le Canada est en complète contradiction entre sa politique inconditionnelle de soutien à Israël et son alliance avec les États-Unis.

Où sont donc les intérêts du Canada? Dans le soutienà Israël ou aux États-Unis? Poser la question est y répondre.

Accord irréfléchi

L’accord de libre-échange conclu avec l’Ukraine n’est pas non plus dans l’intérêt du Canada. Selon Transparency International, l’Ukraine est le 145e pays le plus corrompu du monde sur 175. Quelles assurances le gouvernement canadien a-t-il que le gouvernement ukrainien fera appliquer les mesures de libre-échange qu’il a signées? Aucune.

Est-il bien sage se mettre à dos la Russie, pays infiniment plus important que l’Ukraine, pour satisfaire une partie des 1,2 million de Canadiens d’origine ukrainienne? C’est pour le moins discutable.

Le peu d’échanges commerciaux entre le Canada et l’Ukraine n’y change rien. Le gouvernement canadien a affaibli la position des entreprises canadiennes sur le marché ukrainien et il a bradé les intérêts du Canada face à la Russie pour quelques votes de la communauté ukrainienne.

Il y a bien des années, un ancien premier ministre du Canada, Louis St-Laurent, avait averti qu’il était dangereux pour le gouvernement canadien de fonder sa politique extérieure sur les intérêts de groupes ethniques.

Le contexte était un peu différent, mais l’avertissement demeure tout aussi valable de nos jours.