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Les Innus lèvent leur blocus et rencontreront le ministre

Depuis mercredi soir, les Innus de Nutashkuan avaient dressé une barricade sur la route donnant accès au chantier du comple­xe hydro­électrique de la rivière Romaine, sur la Côte-Nord, dans le but de revendiquer leurs droits sur le territoire.
Photo Courtoisie Luc Leclerc Depuis mercredi soir, les Innus de Nutashkuan avaient dressé une barricade sur la route donnant accès au chantier du comple­xe hydro­électrique de la rivière Romaine, sur la Côte-Nord, dans le but de revendiquer leurs droits sur le territoire.

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Après un peu plus de trois jours de blocus, les Innus de Nutashkuan ont finalement levé la barricade qu’ils avaient érigée sur le chemin d’accès au chantier de La Romaine, sur la Côte-Nord, tard samedi soir.

La décision a été prise après que le chef innu Rodrigue Wapistan et le premier ministre Philippe Couillard eurent convenu d’un processus de négociation.

«Le gouvernement et le premier minis­tre Couillard ont entendu notre voix, celle d’une Nation entière qui se tient debout et qui n’accepte plus le rôle de figu­rant sur son propre territoire», a décla­ré le chef.

Une première rencontre avec le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, devrait avoir lieu mercredi et un canal de communication direct entre le chef et le premier ministre sera maintenu tout au long des négociations.

«Nous entamons donc ce nouveau processus de négociation avec la ferme intention de régler nos litiges avec Hydro-Québec ainsi que de faire respecter nos droits et nos titres ancestraux», a indiqué le chef Wapistan.

Rodrigue Wapistan
Photo Courtoisie Luc Leclerc
Rodrigue Wapistan

 

Les revendications

La communauté reproche à Hydro-Québec et au gouvernement de bafouer ses droits et de mettre en péril l’environnement.

L’entente sur les droits territoriaux signée en 2008 par les Innus et la société d’État ne serait pas respectée.

«Hydro-Québec a décidé de noyer 50 % de la population d’arbres dans les bassins du projet Romaine et nous autres, on est contre ça. Ça va occasionner du mercure pour les générations futures», a dénoncé le chef autochtone, plus tôt cette semaine.

Les Innus se plaignent aussi de ne pas bénéficier économiquement du gigantesque chantier hydroélectrique, qui ne s’est pas traduit par la création d’emplois pour les autochtones.

Sur les 2000 travailleurs du chantier de la Romaine, moins de la moitié sont de la région et à peine 4 % sont des Innus, indiquait plus tôt cette semaine le préfet de la Minganie, Luc Noël.

La mobilisation des Innus avait mis la Sûreté du Québec sur un pied d’alerte cette semaine.

Devant le refus, au départ, du premier ministre Philippe Couillard de rencontrer le chef Wapistan, les manifestants se disaient prêts à intensifier leurs moyens de pression.

Le porte-parole des protestataires, Joël Malec, a toutefois spécifié plus tôt cette semaine que leur rassemblement est pacifique. «Notre cause, elle va se gagner avec le respect de tout le monde, pas avec la violence», avait-il souligné.