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L'autre «piratage» d'Ashley Madison

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QMI

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En 2013, Isabelle Verge s’initiait à l’infidélité 2.0 en ayant recours, notamment, à ashleymadison.com. Le piratage de ce site faisant actuellement les manchettes, la journaliste a bien voulu raconter les coulisses de son reportage.

Lorsqu’on lui demande le constat qu’elle retient de sa recherche, deux ans plus tard, Mme Verge n’hésite pas: «Il n’y a pas de profil type pour l’infidélité». Ainsi, le cliché voulant que le batifolage soit l’apanage que de beaux gens fortunés a volé en éclat pendant ces semaines consacrées à son dossier sur l’infidélité à l’heure du web.

«On dirait que des sites du genre ont “démocratisé” l’infidélité», fait-elle valoir. «Auparavant, on dirait qu’il fallait un certain “courage” pour se lancer dans les bars ou lors d’un party de bureau, mais plus maintenant. Il n’y a pas de look ou de situation “typique” pour tromper. Beaux ou pas, petits, gros ou grands. On réalise que tout le monde peut s’y adonner!»

Un mois en ligne

L’idée d’infiltrer le site de rencontres pour gens déjà en relation a été suscitée lors d’une séance de remue-méninges au Journal. Isabelle Verge, à qui l’on doit également un dossier sur les «sugar daddies» a sauté sur l’occasion. «C’était une communauté “cachée” malgré le fait qu’elle comptait quand même 120 000 membres dans la région de Montréal à l’époque!», glisse-t-elle au passage.

Après s’être inventé un profil — une jeune femme qui aurait gâché sa jeunesse en se mariant trop tôt! —, Mme Verge a passé un mois à s’entretenir avec des utilisateurs. «Je pouvais recevoir une centaine de messages par jour! Je clavardais constamment!», se rappelle-t-elle. «Certains voulaient converser. D’autres voulaient réserver des chambres d’hôtel. J’ai accepté de rencontrer ceux qui voulaient prendre un café!»

À l’aide de caméras cachées, Isabelle Verge a capté des témoignages allant dans tous les sens. «Je craignais qu’on me raconte des histoires semblables, mais elles étaient souvent différentes. Outre le fait que c’était surtout des gens dans la quarantaine, chacun avait sa raison. La femme se disant ignorée de son mari, l’homme qui demeure avec son épouse, car un divorce serait trop onéreux, etc.»

Une certaine curiosité

À la suite du dévoilement du dossier, Isabelle Verge a reçu des commentaires peu élogieux d’un utilisateur rencontré («j’ai changé quelques détails — comme les années en couple et le nombre d’enfants — afin qu’on ne puisse les identifier», spécifie-t-elle), mais aussi des courriels de plusieurs curieux.

«Des femmes m’ont remerciée après avoir découvert que leur époux était sur le site. Quelqu’un du site m’a également contacté pour me dire que le nombre d’inscriptions a bondi de 1000% dans les régions desservies par le Journal lors de la publication du premier volet du reportage!»


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