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1200 $ par année pour stationner sur le Plateau

Des travailleurs qui se rendent au boulot en voiture devront bientôt payer 100 $ par mois pour une vignette

Chantale Surprenant devra débourser 1200 $ par année pour se stationner près de son boulot, sur le Plateau.
photo judith plamondon Chantale Surprenant devra débourser 1200 $ par année pour se stationner près de son boulot, sur le Plateau.

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Une dame qui travaille depuis 17 ans sur le Plateau-Mont-Royal devra dorénavant payer 100 $ par mois pour se stationner près du boulot.

L’administration du maire Luc Ferrandez ne cache pas qu’elle veut mettre des bâtons dans les roues des automobilistes.

«L’arrondissement veut faire de l’argent, mais il le fait sur le dos des travailleurs du quartier», déplore Chantale Surprenant.

La résidente de Terrebonne travaille sur la rue Boyer, au sud du boulevard Saint-Joseph, pour un fonds de pension destiné aux camionneurs. Dès le 7 août, un agrandissement des zones de stationnement réservées aux résidents l’obligera à se procurer une vignette mensuelle si elle veut continuer de garer sa voiture dans le quartier, comme elle le fait depuis 1998.

« L’arrondissement veut faire de l’argent, mais il le fait sur le dos des travailleurs du quartier » – Chantale Surprenant, travailleuse

«Pour les résidents, la vignette coûte 160 $ par année. Mais pour les travailleurs, c’est un tarif mensuel de 100 $, soit 1200 $ annuellement, déplore la mère de famille. Mon budget restreint ne me permet pas une telle dépense.»

«Insensé»

Mme Surprenant estime qu’il lui faudrait plus d’une heure trente pour venir au travail en transport en commun, soit deux fois plus de temps qu’à l’heure actuelle. «C’est insensé», insiste-t-elle.

Les vignettes mensuelles pour les travailleurs sont un projet-pilote implanté depuis le 1er juin sur le Plateau pour faire payer aux travailleurs la juste valeur de leur stationnement, selon l’arrondissement.

«C’est une orientation de l’administration. Oui, on veut qu’il y ait un coût au stationnement, selon le principe de l’utilisateur-payeur», souligne le chargé de communication Michel Tanguay. Ce dernier rappelle que les dernières statistiques font état d’une augmentation du nombre de déplacements automobiles.

«Payer 100 $ par mois, c’est une politique de contrainte à l’utilisation de l’automobile, insiste­­ M. Tanguay. Il fallait que la vignette coûte plus cher que le transport en commun.»

Des vignettes qui sèment la grogne

Les vignettes de stationnement sur le Plateau-Mont-Royal font l’objet­­ de nombreuses plaintes à l’arrondissement.

«Les appels des citoyens concernent surtout le secteur du Petit-Laurier», souligne le chargé de communication Michel Tanguay.

En plus d’avoir agrandi de nombreuses zones de stationnement réservées­­ aux résidents, l’administration du maire Luc Ferrandez en a créé une toute nouvelle (la vignette 151), sur la rue Laurier Est.

Sauf que celle-ci a entraîné une levée­­ de boucliers dans le secteur. Plus de 2500 citoyens se seraient prononcés contre la vignette 151, selon­­ le Comité de résidents et gens d’affaires du Petit-Laurier.

«Monsieur Ferrandez poursuit sa mission de restreindre la circulation automobile le plus possible, sans tenir­­ compte des demandes de ses citoyens et des répercussions sur le tissu social incluant commerces, professionnels et résidents», dénonce le Comité, dans un communiqué.

L’administration Ferrandez a laissé entendre que le retrait de ces vignettes n’était pas une option.